Qu’est-ce qui a causé le crash d’un petit avion à Tomblaine, près de Nancy, le 28 juin dernier ? Selon le rapport préliminaire du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) publié ce jeudi 23 juillet, des passagers avaient aperçu de la fumée lors du décollage de l’appareil, avant le crash qui avait causé 11 morts

« Lors de la rotation au décollage, un moniteur situé à l’arrière de l’avion s’exclame ‘ça fume’ en montrant du doigt l’avant droit de la cabine. Le pilote, qui ne semble pas avoir entendu cette annonce, poursuit le décollage », relate le rapport. « Un autre moniteur situé au milieu de la cabine s’exclame également ‘ça fume !’ en montrant la même zone vers le plancher ».  

« Les moniteurs s’accordent pour entrouvrir la porte latérale afin de ventiler la cabine », est-il ajouté dans le rapport. « Peu après, le régime du générateur de gaz (Ng) du turbopropulseur diminue d’environ 10% », l’inclinaison de l’avion augmente et l’avion décroche. L’observation du site et de l’épave indiquent que « l’avion a heurté le sol en suivant une trajectoire proche de la verticale ». 

L’origine de la fumée encore inconnue

L’origine de la fumée aperçue par les passagers est inconnue : aucune fumée n’est visible sur les vidéos captées par les cinq caméras GoPro emportées par les moniteurs ni sur les images captées par un témoin au sol, une caméra de surveillance et par un véhicule. 

En revanche, un automobiliste qui a vu le crash de l’appareil et s’est rendu immédiatement sur place, a constaté des flammes à l’avant gauche, 30 à 40 cm derrière l’hélice, rapporte le BEA. 

Le petit avion, un Pilatus PC-6, transportait cinq moniteurs de parachutisme, cinq élèves et le pilote. Tous sont décédés dans la chute de l’avion survenue quelques minutes après son décollage de l’aérodrome de Nancy-Essey. 

Des examens complémentaires doivent être menés

Des examens complémentaires sont en cours pour déterminer si ce foyer est la conséquence ou non de l’impact avec le sol. Le pilote, âgé de 44 ans, était expérimenté et totalisait environ 10.500 heures de vol. L’accident est survenu lors de sa sixième rotation de la journée. Le jour du crash, l’avion n’était pas surchargé: sa masse au décollage, basée sur le poids réel des occupants, était de 2.590 kg pour une masse maximale de 2.800 kg. 

La dernière visite d’entretien de l’appareil avait été réalisée en avril en Suisse et le certificat de navigabilité était valide jusqu’au 31 juillet.  L’enquête se poursuit avec la collecte et l’analyse de données portant notamment sur l’examen du turbopropulseur, du circuit carburant, sur l’analyse des vidéos enregistrées ainsi que des paramètres enregistrés par l’instrument de vol de l’avion. 

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