Face aux conditions de détention dénoncées à la prison de Fresnes, l’Observatoire international des prisons (OIP) réclame en justice des mesures d’urgence. L’administration pénitentiaire défend les améliorations déjà engagées malgré la surpopulation.

L’OIP, soutenu par le Conseil national des barreaux (CNB), l’Association des avocats pénalistes (Adap) et Avocats pour la défense des droits des détenus (A3D), sollicite 28 injonctions portant sur l’hygiène, la lutte contre les nuisibles, la vétusté des équipements, les fouilles à nu, les violences imputées à certains surveillants ou encore les conditions de promenade.  

Pour Me Benoît David, l’un des conseils de l’OIP, les recommandations d’urgence de la contrôleure des prisons Dominique Simonnot font état de conditions de détention indignes qui perdurent depuis des années.

Le tribunal administratif de Melun a examiné vendredi une requête de l’Observatoire international des prisons (OIP), qui demande des mesures d’urgence pour mettre fin aux atteintes aux droits fondamentaux des détenus du centre pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne), dénoncées début juillet par la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL).

 L’avocat a contesté l’argument de l’administration selon lequel les demandes de l’OIP relèveraient de mesures structurelles échappant au pouvoir du juge des référés.  Réparer des fuites, nettoyer les moisissures, cloisonner les toilettes ou fournir des équipements de base sont, selon lui, des mesures réalisables à brève échéance et à un moindre coût. 

Plus de 2.000 détenus

Sa consœur, Me Martina Biondo Vincenti, a elle insisté sur l’état «repoussant» de nombreuses cellules, citant le manque de produits d’entretien, de draps ou de taies d’oreiller, des repas servis dans des barquettes parfois «fondues» ou «trouées», ainsi que l’absence de réfrigérateurs favorisant la prolifération de rats. Elle a également dénoncé des douches collectives dont «on ne ressort pas plus propre» et des cours de promenade dépourvues d’aménagements.

 Me Guillaume Grèze, qui intervenait aussi pour l’OIP, a évoqué une infestation durable de punaises de lit, les détenus subissant «plus de 150 piqûres par mois», ainsi qu’un recours massif à des fouilles à nu, selon lui sans justification individuelle. Le directeur de la prison de Fresnes, Christophe Loy, a reconnu une surpopulation de 169% en soulignant qu’elle était inférieure à celle d’autres établissements franciliens et qu’aucun matelas n’était installé au sol. 

Le centre pénitentiaire accueillait un peu plus de 2.000 détenus début juillet, selon la CGLPL. Le directeur de la prison a aussi défendu les actions engagées depuis plusieurs mois comme la rénovation de 350 cellules, la réparation de fuites, des traitements contre les punaises de lit, des campagnes de dératisation, le renouvellement du mobilier et des mesures spécifiques pendant les récents épisodes de chaleur.

Il a toutefois estimé que certaines demandes, comme l’installation de réfrigérateurs ou la rénovation des réseaux électriques, impliqueraient de lourds travaux rendus difficiles par la surpopulation carcérale. L’ordonnance du tribunal est attendue au plus tard lundi après-midi.