Le col de la Croix de Fer, le Télégraphe (1re catégorie) suivi du Galibier et le col de Sarenne : 171 kilomètres, trois montées hors catégorie et 5 500 mètres de dénivelé en guise de dessert, avant le digestif à Paris. Le menu est particulièrement copieux, samedi, pour l’étape reine du Tour de France. Et, avant même d’avoir touché à leur assiette, certains frôlent déjà l’indigestion.

« Je trouve que c’est abusé : pourquoi il faut toujours que l’on tombe dans les extrêmes comme ça ? Pour moi et pour beaucoup de monde dans le peloton c’est un peu ridicule, tance le Belge Ilan van Wilder. On ne pourrait pas faire une étape plus normale ? Surtout qu’en troisième semaine tu n’as pas un sprint ! C’est nul en fait, je n’aime pas ça. »
En plus de la difficulté de l’étape, le 12e homme du classement général pointe aussi « l’enchaînement avec le transfert en TGV par la suite sur Paris. Honnêtement, ça me casse les c…. Je trouve qu’on se fout un peu de notre gueule. »

« Celle de ce vendredi  peut faire plus de mal »

Le reste du peloton est-il réellement sur la même longueur d’onde que le leader de Soudal Quick-Step ? « Il faut bien une étape à 5 000 mètres de dénivelé (comme l’an passé lors du col de la Loze), ça fait un peu partie de la légende du Tour », estime Benjamin Thomas (Cofidis), content que celle-ci soit placée samedi et non dès ce vendredi. « C’est sûr qu’elle fait un peu peur, mais on a tous déjà fait ça, on connaît », prolonge Lenny Martinez (Bahrain-Victorious, 7e au général).

« Sur le Tour d’Italie, on en a fait une à presque 6 000 mètres de dénivelé (5 700) », se souvient Thomas. « C’est comme ça, il en faut une par Grand Tour », confirme Ewen Costiou, qui était aussi présent sur cette journée du Giro qui s’achevait à Livigno, en 2024.

« C’est sûr qu’elle va être super dure », confirment plusieurs coureurs interrogés (les frères Paret-Peintre, Bruno Armirail ou encore Alex Baudin) qui estiment aussi « qu’une seule fois (l’Alpe d’Huez) aurait suffi ». Le dernier cité estime néanmoins que l’obstacle reste franchissable « si tu es dans le gruppetto, à ton allure pour finir. Celle de ce vendredi, avec des montées plus explosives peut faire plus de mal. »