La relégation du Nissa Rugby décidée ce vendredi 24 juillet par l’Autorité de Régulation du Rugby (ARR) était « attendue », affirme la Ville de Nice dans un communiqué publié quelques heures après la décision. Si le club dit vouloir faire appel, ce qui lui laisse une quinzaine de jours pour tenter d’inverser la situation, la municipalité estime qu’une autre solution existe.

Selon le communiqué signé d’Eric Ciotti, un plan de sortie de crise a été transmis aux dirigeants afin de préserver le club de la relégation tout en assurant sa pérennité.

Un soutien financier que la Ville dit avoir porté à son maximum

La municipalité rappelle avoir consacré cette saison plus de 3,5 millions d’euros au Nissa Rugby, entre subventions et investissements sur les équipements du stade. En additionnant les aides des différentes collectivités (à l’exception, pointée, de la Région Sud), le club aurait bénéficié de près de 4,5 millions d’euros de financements publics.

La Ville indique être prête à reconduire ce niveau de soutien pour la saison prochaine, mais refuser d’aller au-delà, estimant avoir atteint le plafond autorisé par le Code du sport. Elle souligne également qu’elle ne souhaite pas créer de déséquilibre avec les autres clubs niçois.

relegation du nissa rugby ce que reproche la ville aux dirigeants du club 2© Facebook Nissa Rugby.

Autre volet du plan proposé : la construction, à partir de septembre 2027, d’une tribune permanente de 1.400 places d’hospitalité pour permettre au club de développer de nouvelles recettes issues de l’hospitalité, considérées comme indispensables à son équilibre économique en Pro D2. La Ville évoque également une seconde phase d’aménagement du stade si le Nissa Rugby venait un jour à accéder durablement au Top 14.

Une masse salariale jugée trop élevée

Outre les infrastructures, la municipalité met en avant ce qu’elle considère comme la principale faiblesse du projet présenté par le club : un budget jugé déconnecté des réalités économiques.

Elle relève notamment que la masse salariale prévisionnelle des joueurs passerait de 2 millions à 3,8 millions d’euros, soit une hausse de 88 %, alors que plusieurs clubs de Pro D2 évolueraient avec une masse salariale proche de 2,5 millions d’euros.

Concernant le manque à gagner estimé par le Nissa Rugby à 1,2 million d’euros en raison de l’absence de cette fameuse tribune d’hospitalité, la Ville estime avoir déjà compensé cette perte par une augmentation de 1,146 million d’euros des subventions accordées pour cette saison.

Le communiqué pointe également l’absence de versement des 70.000 euros que la Région aurait promis à la SAS du club.

Un appel aux dirigeants et aux investisseurs

Pour la municipalité, le plan présenté répond aux attentes de l’Autorité de Régulation du Rugby tout en apportant des garanties financières et structurelles. Elle appelle désormais le président Simon Aldigé et les investisseurs à accepter cette proposition afin d’éviter la relégation. À défaut, la Ville estime qu’ils devront  » en tirer toutes les conséquences « , tout en révélant qu’un repreneur s’est déjà positionné.

La procédure d’appel qui doit être engagée dans les prochains jours laisse désormais une courte fenêtre de tir pour tenter de sauver la place du Nissa Rugby en Pro D2. conclusion de ce communiqué signé d’Eric Ciotti : « La Ville de Nice demeure pleinement mobilisée afin que cette solution puisse permettre de préserver l’avenir du rugby niçois ».