On devrait savoir ce dimanche 26 juillet 2026 si les plages du Débarquement entreront, ou non, au patrimoine mondial de l’Unesco. La décision est très attendue par les autorités normandes et tous les acteurs impliqués, souvent depuis des décennies, dans un travail de mémoire indissociablement lié aux idées de libération et de paix. Le sceau de l’Unesco serait une aide précieuse. Même si la mémoire du Débarquement n’est, de toute façon, pas près de s’éteindre.

Car le 6 juin 1944 est et restera l’une des grandes dates de l’histoire. Le D-Day porte en soi une dimension presque mythologique, tant les éléments historiques, mémoriels, épiques se mêlent les uns aux autres.

Historiques, parce que le D-Day, par la dimension du dispositif mis en place par les forces alliées et son rôle déterminant dans la chute du nazisme, fut un moment décisif dans le déroulement de la Seconde Guerre mondiale. Une grande bataille de l’Histoire s’est jouée sur les plages de Normandie, dans le sillage d’autres grandes batailles… Marathon, Azincourt, Trafalgar ou Stalingrad.

Au service de la paix

Mémoriels, parce que toute la population normande, et au-delà, ressent aujourd’hui encore l’écho du 6 juin. Cette bataille a accompagné plusieurs générations de Français dans l’édification de notre récit historique commun. Elle reste centrale pour les descendants de tous les combattants, venus du monde entier libérer l’Europe et qui viennent nombreux, aujourd’hui encore, se recueillir dans les cimetières militaires de la région. Malgré les nombreuses guerres inutiles menées par les Américains depuis, et malgré Donald Trump, le D-Day reste aussi un ciment pour les nations alliées qui y participèrent.

Car, et c’est la dimension épique, le 6 juin 1944 n’est pas seulement une victoire militaire sur les troupes allemandes. Le jour le plus long tire sa force symbolique de la nécessité ressentie alors de vaincre des forces obscures, celles déchaînées par la secte nazie et ses alliés (y compris français) sur l’ensemble du continent et au-delà. L’héroïsme des combattants du D-Day et des civils normands qui encaissèrent le déploiement de cette armada, est immédiatement perceptible. Le concept de guerre juste est plus complexe qu’il n’y paraît, mais le D-Day est unanimement ressenti comme un exemple rare où les forces du mal furent défaites. Au nom de la liberté.

Tout cela existe, indépendamment de l’Unesco. Les récits du D-Day, recueillis auprès des vétérans depuis des années de commémoration, sont une matière presque romanesque, universelle. Ce que l’organisation peut apporter, en inscrivant les plages du Débarquement au patrimoine mondial, c’est de renforcer le sens de ce travail de mémoire : préserver la liberté et consolider la paix. À l’heure où les derniers témoins nous quittent peu à peu, et où le concept de monde libre est quelque peu brouillé, c’est loin d’être inutile.