Culture
À l’Hospice-Comtesse, une exposition retrace les grandes heures d’un atelier de tapisserie lillois, dont la production rivalisa avec ses grandes contemporaines septentrionales.

SP/MANUFACTURE ROYALE DE WIT
« Enfant naturel de l’art de la peinture », à en croire le commentateur du temps Samuel van Hoogstraten, la tapisserie n’en fut pas moins « déshéritée par la lenteur et la difficulté des travaux manuels » qu’elle représentait. Les investissements colossaux et les équipes importantes qu’exigeait la difficile entreprise de lissiers ou haute-lissiers (fabricants d’étoffes précieuses) n’avait pourtant pas découragé Jean De Melter de quitter Bruxelles au dernier tiers du XVIIe siècle pour installer sa manufacture à Lille. Dans cette ville drapière, où l’exécution de tapisseries est soutenue par les commandes municipales, l’Église et des mécènes issus de la grande bourgeoisie et de l’aristocratie, ce tisserand bruxellois trouve des subsides municipaux susceptibles de développer son activité. Indépendant de l’administration royale, l’atelier De Melter échoit bientôt à son gendre Guillaume Werniers (v.1688-1738), qui y produit des tentures rivalisant avec le rythme des manufactures de Bruxelles ou d’Audenarde. La fabrique finira à sa mort aux mains de son épouse Catherine Ghuys, qui administrera de manière assez inédite les lieux, durant de longues années.
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Retraçant la carrière de l’artisan lissier, l’exposition “Trésors de laine et de soie : les tapisseries de Guillaume Werniers et de Catherine Ghuys à Lille au XVIIIe siècle” remémore le souvenir d’une fabrique qui se fit notamment connaître pour ses tableaux de la vie quotidienne ; avec des scènes tissées dans l’esprit des toiles de David Teniers II, l’atelier se singularisait par une production originale, notamment celle des verdures traditionnelles. En faisant revenir en son sein et après une restauration réussie deux tapisseries, issues de l’ Histoire des comtes de Flandre, empereurs de Constantinople, originellement commandées par Jeanne de Hainaut pour l’hospice Comtesse sur les fondations duquel a été érigé le musée, la rétrospective rappelle aussi les origines des lieux, construits en 1237 pour accueillir malades et pèlerins.
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Trésors de laine et de soie : les tapisseries de Guillaume Werniers et de Catherine Ghuys à Lille au XVIIIe siècle, musée de l’Hospice-Comtesse, Lille, jusqu’au 11 octobre.
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