Résumé : Lorsque son frère aîné Thaddeus est mystérieusement enlevé par l’Envoûteur, Lydia, onze ans, part à sa recherche dans la mer de Brume. Recueillie par l’équipage du Dauphin, un navire volant, elle devient l’apprentie de l’astromagicienne Ambrosia. Celle-ci cherche d’autres enfants disparus, dont son propre fils. Bien décidée à résoudre ce mystère, Lydia devra apprendre l’astromagie et ainsi affronter l’Envoûteur.
Critique : Les films d’animation fonctionnent souvent les mêmes ressorts, à savoir des animaux parlants qui s’aventurent dans l’univers des hommes. Ici, le récit s’appuie sur le destin d’un frère et de sa sœur, éduqués par leur grand-mère, à côté d’un océan non pas fait d’eau mais de brumes épaisses. Lydia aimerait retrouver ses parents, manifestement disparus dans le brouillard, et devenir astromagicienne. Mais sa grand-mère l’en empêche, jusqu’au moment où elle décide de tenter l’aventure par elle-même. Alors s’ouvre, pour la jeune fille comme pour les spectateurs, un univers magique et féerique, peuplé de créatures marines, de magiciens, de voleurs d’enfants et de mille autres merveilles.

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Réellement, le long-métrage s’immerge dans l’univers des contes, tels que les enfants ont l’habitude de les entendre lire. En ce sens, le film puise directement dans l’imaginaire des plus petits, évitant la violence et l’agressivité, même si la fiction évoque en filigrane des thèmes douloureux comme la perte de ses parents et l’abandon d’un enfant par sa mère. On se rapproche ainsi de la tradition des contes, à la façon de Charles Perrault, de Hans Christian Andersen ou des frères Grimm, où le pire côtoie le merveilleux et où les messages sous-jacents sont parfois sombres. La tristesse habite un récit aussi palpitant que féerique, où les réalisateurs donnent libre cours à leur imagination.
Un grand soin est apporté aux images. La photographie est particulièrement réussie lorsqu’il s’agit de montrer les fonds marins, où des animaux bien connus flottent dans un brouillard bleuté et des tempêtes de brume. Derrière les apparences d’un film simple surgissent des images d’une beauté époustouflante qui, à bien des égards, rappellent Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau, où les paysages marins occupaient eux aussi une place essentielle. Les soubresauts du navire où Lydia part à la recherche de son frère et de ses parents sont très bien mises en scène, avec la paradoxale sensation d’immensités aqueuses qui ne sont en réalité que des nuages épais.

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Seul regret : les chansons. Les films pour enfants se plaisent à truffer la fiction de passages musicaux. Ici, elles encombrent le récit dans des paroles et des airs assez peu enfantins qui, au lieu d’aérer le narration, appuient un peu le propos. On regrettera une fin assez bâclée, malgré les efforts importants que les réalisateurs déploient pour maintenir l’intérêt de leurs jeunes spectateurs. On reste en effet sur sa faim, avec le sentiment que le mal a gagné et qu’il ne se situe pas toujours du côté que l’on croit.
Lydia et le vaisseau des tempêtes est un film d’animation de bonne facture qui arrive sur les écrans français en plein été 2026. L’offre de films d’animation pour enfants est particulièrement forte cette année, entre Pat’ Patrouille, mission Dino !, La fille dans les nuages, Toy Story 5 ou Des Minions et des monstres. Lydia et le vaisseau des tempêtes demeure une œuvre plus exigeante, moins immédiatement accessible que certaines de ses concurrentes. En espérant que ses thèmes parfois abscons ne décourageront pas les jeunes spectateurs et leurs parents.