Un rapport pointe les dépenses liées aux politiques de diversité, d’équité et d’inclusion mises en œuvre par la police britannique. Cette publication survient alors que le meurtre d’Henry Nowak a ravivé les critiques autour des pratiques du maintien de l’ordre.

«Diversité, Équité, Inclusion». Abrégés sous le sigle DEI, ces trois termes relèvent d’une même démarche qui s’est imposée un peu partout au cours de ces dernières années. Dans le sillage de la mort de George Floyd, en 2020, nombre d’entreprises et d’institutions ont lancé des initiatives en faveur des personnes pouvant faire l’objet de discriminations.

Au Royaume-Uni, les forces de l’ordre ont suivi le mouvement, engageant plusieurs mesures relevant du cadre DEI. Celles-ci se sont révélées onéreuses, à en croire un rapport de Policy Exchange, un think tank basé à Londres. Pour cause, le coût des politiques de diversité et d’inclusion menées depuis 2020 est estimé à 631 millions de livres sterling, soit plus de 737 millions d’euros.  

Un risque de dérives

Dans le détail, 431 millions de livres auraient été consacrés à la formation de personnels sur les thématiques de la diversité, de l’équité, et de l’inclusion. A ce budget conséquent s’ajoute 177 millions pour des postes dédiés à l’inclusion, selon ce rapport. Enfin, 23 millions ont été dépensés pour des prestations de conseils externes. 

Selon les estimations de Policy Exchange, une telle somme pourrait permettre de renforcer les effectifs des forces de l’ordre, à hauteur de 2.000 policiers supplémentaires déployés sur le terrain chaque année. 

Au-delà de la question financière, le think tank alerte sur les dérives qui peuvent être engendrées par certaines approches relevant des politiques DEI. «Certains services de police ont adopté des initiatives qui entrent en conflit avec les principes qui régissent le maintien de l’ordre britannique, fondées sur l’égalité de tous devant la loi et une action menée sans favoritisme», relève Policy Exchange.

Des initiatives sous le feu des critiques

La publication de ce document intervient alors que les politiques DEI font l’objet de vives critiques outre-Manche. Le meurtre d’Henry Nowak, survenu en décembre dernier à Southampton, a particulièrement cristallisé la défiance d’une certaine partie de la population britannique envers les pratiques du maintien de l’ordre.

Pour rappel, cet étudiant de 18 ans, a été poignardé à mort par un jeune homme sikh qui avait menti aux policiers, au moment des faits, en déclarant avoir été victime d’une agression raciste et avoir agi en état de légitime défense. Croyant le meurtrier sur parole, les forces de l’ordre avaient menotté Henry Nowak alors même qu’il succombait à ses blessures. 

Plusieurs acteurs politiques britanniques ont argué que ce meurtre prouvait une différence de traitement entre les Blancs et les minorités ethniques par les forces de l’ordre britannique. Cette affaire fait actuellement l’objet d’une enquête de la police des polices britannique (IOPC), dont le rapport doit être publié dans les prochains mois.