« Nous devons tourner une page importante de notre histoire. » C’est par ces mots postés sur ses réseaux sociaux, qu’Yvan Lenen, a annoncé la fermeture définitive de sa crêperie du Pont-Levis, nichée rue des Portes-Mordelaises à Rennes. Une décision brutale et contrainte, tombée après la publication, vendredi 24 juillet, d’un arrêté municipal d’urgence prononçant une mesure d’évacuation assortie d’une « interdiction d’habiter, d’utiliser et d’exploiter » les lieux.
Un coup de massue
Installé depuis 2019 dans le centre historique de la ville, le commerce s’était bien implanté dans le paysage rennais. « On avait réussi à se faire une place dans le milieu de la crêperie ici, assure Yvan Lenen. C’est une décision soudaine. Après avoir surmonté le Covid puis le chantier des Portes-Mordelaises, devoir fermer ainsi, c’est très triste. »
La municipalité s’est appuyée sur les conclusions alarmantes d’un rapport d’expertise judiciaire pour trancher. « Quand un restaurant ferme soudainement, les gens pensent immédiatement à des soucis d’hygiène. Mais c’est moi qui ai sollicité cet expert. Je me doutais que cela pouvait conduire à une fermeture », précise le commerçant.
Mise en demeure
Dans le détail, l’expertise dresse un bilan inquiétant du bâtiment : la stabilité du plancher du haut des caves « qui pourrait présenter un risque de rupture partielle et entraîner un risque de chute des occupants ». La toiture présente également un risque d’effondrement car rongée par l’humidité.
Face à ce péril, l’arrêté indique que le bailleur du bâtiment, la société SCI Delfa, basée en Mayenne, doit dans un délai de trois mois mettre en place « Un étaiement ou toutes autres solutions techniques » pour la toiture et le plancher ». En parallèle, Yvan Lenen confie être en procédure judiciaire face à son bailleur, sans en détailler les raisons.
Une question de sécurité
Si le commerçant évoque avec tristesse cette fermeture, il relativise sur sa situation : « Le plus important c’est la sécurité des clients et de mes employés. Je suis rassuré par rapport à ça maintenant. »
Une cagnotte a été créée afin d’aider le commerçant. Car au-delà d’avoir perdu sa boutique, Il se retrouve également sans logement, celui-ci se trouvant au-dessus de la crêperie. « Heureusement que j’ai une possibilité de me loger car on ne m’a rien proposé pour me reloger. J’ai pu prendre quelques affaires en partant vendredi. Je ne peux pas y retourner pour l’instant. » Mais malgré la tourmente, le commerçant ne compte pas s’avouer vaincu : « Mon état d’esprit maintenant, c’est rebondir. »