Jeudi soir, après quelques jours de consultations, Friedrich Merz a bouclé son mini-remaniement et fait convoquer la presse pour le lendemain matin. Les portefeuilles de la Santé, des Transports et de la Chancellerie, le bras droit du chef du gouvernement allemand, changent de titulaire dans le sillage de la démission du chef du groupe parlementaire Jens Spahn. L’information et les noms des nouveaux ministres filtrent dans les médias allemands. Mais patatras, la personne choisie pour les Transports, le député Fritz Güntzler, se rétracte dans la nuit par SMS. Trop tard pour trouver une alternative au pied levé avant de paraître devant les journalistes. Alors Friedrich Merz se borne à annoncer « d’autres changements » dans les jours à venir, sans évoquer explicitement le sort du ministre des Transports, Patrick Schnieder. Ce dernier se sait limogé – et a déjà averti certains parlementaires – mais est laissé en suspens.

Un effet désastreux à l’approche de scrutins régionaux

Cette communication maladroite fait des ravages au sein de la CDU. Ancien ministre d’Angela Merkel, Peter Altmaier a exprimé « sa colère » sur le réseau social X contre ce qu’il considère comme un traitement indigne d’un ministre « expérimenté » et « bosseur ». Un message republié par le ministre-président de Rhénanie-Palatinat Gordon Schnieder, le propre frère du ministre et patron de la CDU locale. Toujours dans l’expectative dimanche, Patrick Schnieder a annoncé publiquement sa démission sur les réseaux sociaux. Par solidarité, une délégation de chrétiens-démocrates du parlement régional de Rhénanie-Palatinat a fait savoir lundi au chancelier qu’elle renonçait à le rencontrer dans un courrier au vitriol. L’effet est désastreux à l’approche de scrutins régionaux en septembre, font savoir plusieurs fédérations à Friedrich Merz lors de la réunion des instances de la CDU lundi matin.