Le bâtiment G où Zinédine Zidane a vécu jusqu’à ses 14 ans a été rasé mais l’ancien capitaine des Bleus garde des liens étroits avec la cité des quartiers nord de Marseille (Bouches-du-Rhône) où il a grandi. « Zidane est très attaché à son ancien quartier. Il était encore là pour l’inauguration du centre médical », raconte un commerçant. En mai dernier, le Ballon d’or 1998 a envoyé une vidéo d’encouragement aux jeunes footballeurs U14 du FC La Castellane qualifiés en finale de la Coupe de Provence. « Il donne une image positive de ce quartier trop souvent réduit au trafic de drogue », estime le commerçant.
« C’est un modèle en montrant aux jeunes qu’on peut y arriver avec du travail et du sérieux », explique Franck Gomez, qui a entraîné le club de foot de La Castellane quand « Zizou » en était le président d’honneur et son grand frère Farid le président. « Il a beaucoup aidé le club. Chaque année, les petits du quartier étaient invités à un tournoi à Madrid. » Franck Gomez voit toujours « Yazid », son deuxième prénom. C’est ainsi que l’appellent ceux qui l’ont connu il y a 40 ans. « Il est fidèle en amitié. C’est toujours quelqu’un de simple car moi je suis un ouvrier », confie son ami d’enfance, qui l’a côtoyé au collège, puis au centre de formation de l’AS Cannes à 15 ans. La dalle centrale où Zidane a tapé dans ses premiers ballons a été démolie. « C’était un lieu de fête et de rassemblement. Le quartier a été déstabilisé », regrette un commerçant. « Zidane n’a pas eu son mot à dire. Il est très discret et ne fait de politique », constate-t-il.
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« Il était bagarreur »
« J’ai joué au ballon avec lui devant son immeuble. On allait aussi à la plage », raconte Philippe, 58 ans, qui vit toujours à La Castellane. « Il était très sympa mais un peu bagarreur et nerveux comme la plupart des enfants du quartier. Son coup de boule de 2006 en finale de la Coupe du monde ne m’a pas surpris. Dans les cités, on apprend à ne pas se laisser faire. » Comme tous les habitants, Philippe déplore l’état de décadence de La Castellane. « Le quartier est laissé à l’abandon. La Poste a fermé », regrette-t-il. La cité est très enclavée, loin du terminus du métro. Le tramway est annoncé en 2031. « Zidane, c’est une star au milieu de chômeurs », résume un jeune devant le portrait géant du footballeur peint sur un immeuble. « On ne trouve pas d’emploi avec La Castellane sur son CV », se plaint-il.
Des jeunes désœuvrés cèdent aux sirènes de l’argent facile en devenant les petites mains des narcotrafiquants, ceux-là mêmes qui pallient aux carences des pouvoirs publics en offrant des piscines gonflables et des fournitures scolaires aux enfants du quartier. Le chant des cigales est interrompu par les cris d’alerte des guetteurs dès qu’un inconnu entre dans la cité. Le journaliste venant sur les traces de Zinédaine Zidane est agressé et violemment reconduit hors du quartier.
En mars 2024, Emmanuel Macron avait choisi cette cité emblématique pour lancer les opérations « Place nette XXL » contre le narcotrafic. « C’était du tape-à-l’œil. Rien n’a changé. Les points de deal sont toujours là », constate un habitant. Mise en coupe réglée, La Castellane reste une plaque tournante du trafic de stupéfiants malgré le démantèlement en 2025 d’un réseau qui générait jusqu’à 100 000 euros de chiffre d’affaires par jour. Beaucoup plus que ce que gagne Zinédine Zidane.