Bonjour à toutes et à tous. Ravi de vous retrouver.
RFI. À Paris, il est 18 heures.
Le Journal en français facile.
Adrien Delgrange.
16 heures en temps universel.
Nous sommes le lundi 27 juillet.
Dans ce journal international, la prudence est de mise. Malgré une légère accalmie sur le front des incendies près de Bordeaux, les feux ne sont toujours pas maîtrisés, nous explique, dans un instant, Simon Rozé. Par ailleurs, nous avons appris que le président français, Emmanuel Macron, est sur place et il prendra la parole dans la soirée.
L’actualité internationale, aussi, c’est le Tchad. Le Tchad veut quitter la CPI – la Cour pénale internationale.
Le Yémen a attaqué, dans la journée, l’Arabie saoudite.
Et puis, enfin, Kylian Mbappé prend la plume. Une semaine après la fin de la Coupe du monde de football, la star des Bleus a décidé d’écrire une lettre aux Français.
Voilà pour les titres. Soyez les bienvenus.
Près de Bordeaux, les pompiers luttent toujours contre ces importants incendies de forêt, notamment dans le département de la Gironde, mais aussi des Landes. 42 000 hectares sont déjà partis en fumée. C’est l’équivalent de la superficie de Marseille. 220 000 personnes ont été évacuées, contraintes de quitter leur habitation. C’est l’équivalent de la population de la ville de Rennes. Par ailleurs, 88 pompiers ont été blessés, au moins 183 maisons ont été détruites par le feu. Heureusement, aucun mort n’est à déplorer. Mais, malheureusement, le risque de reprise de feu est encore loin d’être écarté. La météo ne va pas être favorable. Les conditions météorologiques, Simon Rozé, vont se dégrader dans les prochaines heures.
Oui, car, à l’heure actuelle, le feu est « stabilisé », mais pas encore « fixé ». C’est la nuance employée par les pompiers pour dire que, en fait, l’incendie n’a que peu progressé aujourd’hui, avec cette journée plus calme par rapport aux précédentes. Une accalmie rendue possible par l’énorme travail des pompiers et, donc, ces conditions météorologiques plus favorables. Elles sont, actuellement, plus fraîches. Mais, cela, vous le disiez, Adrien, ne va pas durer. Dès demain, les températures vont, à nouveau, être très élevées, presque 40 °C, avec un vent très sec. C’est ce qui fait craindre une reprise de l’incendie, c’est-à-dire qu’il se [met], à nouveau, à progresser. De l’autre côté des Pyrénées, en Espagne, dans la région de Madrid, c’est la même crainte. Là aussi, la progression des incendies autour de la capitale a été ralentie depuis dimanche soir. Là aussi, la météo a été plus favorable. Mais, là aussi, cela va changer. Les pompiers espagnols auront, cependant, 24 heures de plus que leurs collègues français pour contenir l’incendie, puisque cette nouvelle vague de chaleur n’arrivera sur place que mercredi et pas demain. Ce qui fait dire au ministre de l’Intérieur espagnol que mardi sera une journée absolument « déterminante » pour maîtriser les incendies ; les pires de l’histoire récente du pays.
Merci. Simon Rozé dans votre Journal en français facile.
Dans le sud-[ouest] de la France, les incendies durent, maintenant, depuis quatre jours et quatre nuits. Direction le département des Landes, à Biscarrosse, où l’incendie n’est toujours pas fixé à cette heure-ci. Sur place, la solidarité s’organise avec les sinistrés. Reportage Sarah Krakovitch.
Lorsque les premiers évacués de l’intérieur des terres de Biscarrosse sont arrivés en bord de mer, Aude, patronne d’un restaurant avec son mari, a pris soin d’eux.
« Des plaids aux familles qui étaient dans leur voiture avec les enfants, des cafés, de l’eau, des prises de courant pour qu’ils rechargent leur téléphone pour donner des nouvelles à leurs familles. On a fait ce qu’on a pu, à notre échelle, voilà. Et, après, tout s’est déserté.
— Vous allez avoir des pertes financières ?
— Ah ben, nous, on va avoir de grosses pertes financières, n’étant pas directement impactés par les incendies. En revanche, c’est vrai que nous, nous serons, entre guillemets, les naufragés oubliés, parce que n’étant pas directement impactés. On a quand même une énorme perte. On sait pas si on pourra garder tous nos employés. Donc, voilà.
— Ça vous fait peur ?
— Très. »
En face s’élève la grande roue de la ville, entièrement vide. Jacques y travaille depuis plusieurs étés. Il est, lui aussi, désespéré.
« Il n’y a pas d’autres mots. C’est la catastrophe. Voilà. On ne voit personne et hier, à 9 heures, on était fermés. Ce qui se comprend, en fait. »
Plus loin, Frédéric tient un commerce d’accessoires de plage et de décoration. Il tente de rester positif.
« On peut pas faire grand-chose. On reste ouverts, quoi qu’il arrive. Moi, c’était hors de question que je reste fermé, parce qu’il faut maintenir une activité, déjà pour nous moralement. On espère quand même que ça va rapidement se reremplir. Des amis qui ont perdu des maisons, qui ont perdu des entreprises qui ont brûlé. Bon, voilà. Nous, on va faire une mauvaise saison. On fera les comptes à la fin. »
Plus d’une centaine de maisons ont été détruites à Biscarrosse depuis le début des incendies et une vingtaine de commerces ont été touchés. Mais hier, dimanche, 5 000 habitants ont été autorisés à rentrer chez eux. Sarah Krakovitch, Biscarosse, RFI.
Emmanuel Macron survole, à l’heure actuelle, les zones brûlées. Il les survole pour ne pas perturber les secours et il prendra la parole un peu plus tard dans la soirée.
Le Journal en français facile.
Au Moyen-Orient, aucun bombardement américain n’a été signalé en Iran depuis trois jours. Une accalmie qui pourrait aussi s’expliquer par un détour à la pompe à essence. Nous sommes, à présent, aux États-Unis. Alors que l’on se rapproche des élections de mi-mandat, cinq mois quasiment jour pour jour après le début de la guerre contre l’Iran, les Américains restent toujours confrontés à des prix de l’essence très élevés, comme a pu le constater, à New York, Gwendal Lavina.
Sur cette route très fréquentée, deux stations-service se font face. Les prix y sont identiques, parmi les moins chers de New York. Le gallon d’essence – presque 4 litres – est vendu à 3,98 dollars, 1,30 dollar de plus qu’avant la guerre. Monique garde donc l’œil sur le compteur du prix.
« Je suis dégoûtée. Les Américains souffrent vraiment et c’est stressant. Je fais moins souvent le plein et je cherche la station la moins chère. Et puis j’essaye de prendre un peu plus les transports en commun, mais tout le monde ne peut pas le faire. »
C’est le cas de Martins, chauffeur de taxi, qui fait le plein tous les jours depuis le début de la guerre. Il gagne jusqu’à 400 dollars de moins chaque mois.
« C’est incroyable. Chaque jour, l’essence augmente de 2 ou 3 centimes, mais le prix de nos courses est encadré. Donc, on ne peut rien faire. C’est notre salaire qui prend. C’est très dur. »
À la pompe d’à côté, Daryl n’est pas très optimiste.
« On n’a pas le choix. Mais je ne sais pas combien de temps on va pouvoir tenir. Tout ça, c’est de la faute de Trump et on ne sait jamais ce qui nous attend ensuite. »
Selon un récent sondage, 46 % des Américains déclarent que le prix de l’essence aura des conséquences sur leur vote lors des élections de mi-mandat, en novembre. Gwendal Lavina, New York, RFI.
Pierre Cochard, l’ambassadeur français en Iran, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran pour « ingérence ». Les autorités reprochent à la France de s’être mêlée des affaires iraniennes. Selon le régime iranien, deux hauts responsables français – deux diplomates français – ont mené des activités « qui n’ont aucun sens », « qui ne sont pas justifiées sous le seul prétexte de s’engager avec la société civile ». Réaction de Paris : « Nous ne commentons pas les provocations iraniennes. »
Un nouveau pays sur la liste des départs de la CPI. Le Tchad veut se retirer de la Cour pénale internationale. Les autorités tchadiennes dénoncent un travail de la CPI à géométrie variable. Autrement dit les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Quatre autres pays, le Burkina, le Mali, le Niger et le Venezuela, ont déjà engagé une procédure pour se retirer, également, de la CPI. Leur départ sera officiel seulement après décision des Nations unies.
Et puis, enfin, quand Kylian Mbappé décide de s’expliquer. Une semaine après la fin de la Coupe du monde de football, l’attaquant de l’équipe de France s’offre une page de publicité dans les journaux français. Une lettre, Frédéric Suteau, où il revient sur son Mondial et celui des Bleus.
Plus que le fond, c’est la forme qui interpelle. Kylian Mbappé dit « Merci. Merci pour tout », huit jours après la fin du Mondial. Mais il ne répond pas, là, à une interview. Il écrit une lettre où il rappelle qu’il rêvait, petit, de jouer une Coupe du monde, au moins une, et qu’il en a joué trois. Il parle de collectif. Il remercie ses coéquipiers et tous les supporteurs. Il dit ses regrets de ne pas avoir gagné la Coupe. « On vous devait peut-être une plus belle fin », écrit-il, tout en soulignant sa fierté d’avoir fini meilleur buteur du Mondial. La lettre est accompagnée de trois photos : une où on le voit jeune footballeur, une autre d’aujourd’hui, le Mbappé buteur, et une troisième avec tous ses coéquipiers et le staff qui était avec lui à la Coupe du monde. Les Bleus auraient pu signer une lettre collective pour dire merci. Kylian Mbappé a préféré s’acheter sa propre page de publicité dans les journaux, maîtriser sa comm, au risque d’apparaître encore un peu plus égocentré. Pour un peu, il volerait presque la vedette à Zinédine Zidane, qui va être nommé, ce mardi, sélectionneur de l’équipe de France à la place de Didier Deschamps.
Les explications de Frédéric Suteau.
Ainsi se referme ce Journal en français facile.
Où que vous soyez sur la planète, merci à tous de l’avoir écouté et à demain pour une nouvelle édition.