Dans l’Aisne
D’autres frontières que celles des pays existent de façon tacite. Certains choisissent la capitale comme zone d’activités, et font des trajets domicile-Paris quotidiennement ou presque, depuis la Marne ou l’Aisne. C’est le cas d’Antoine Lamotte, qui réside autour de Saint-Quentin. Il est président de l’association des usagers des transports Aisne-Nord-Oise-Somme, et doit souvent se rendre à Paris en train de par ses fonctions. S’il déplorait dans les années 2016 à 2019 des problèmes récurrents, « ça va beaucoup mieux depuis 2023 », grâce à des investissements. Il considère tout de même qu’il y a une certaine « pagaille » entre les différents acteurs ferroviaires, comme la Région et la SNCF. Antoine Lamotte se félicite toutefois de l’ouverture d’un nouvel axe en janvier 2028, reliant Roissy et son aéroport à la Picardie.
Dans la Marne
Autre département, celui de la Marne, avec Reims qui est désormais parfois qualifiée de grande banlieue parisienne, avec sa gare Reims Champagne TGV. La cité des sacres se retrouve ainsi à 45 minutes en train de la Gare de l’Est, à Paris. Matthieu Dory, ancien président de l’association des usagers du TGV Paris-Reims, prenait le train pour Paris plusieurs fois par semaine pendant dix ans pour rejoindre son poste de cadre à La Défense. Il a déjà subi l’annulation de trains : « J’ai déjà dû trouver un ami qui pouvait me prêter son canapé pour passer la nuit », lâche-t-il. Mais il apprécie Reims et sa qualité de vie : « Ici on a la chance d’avoir les commerces, le CHU, des bars, des concerts et des espaces verts, sans devoir faire 45 minutes de métro ou de RER lorsqu’on vit en banlieue. » L’inconvénient de Reims est paradoxalement d’être « trop près » de la capitale : « Contrairement à Metz, Nancy ou Strasbourg, où des entreprises vont installer leurs sièges pour le Grand Est, Reims en pâtit un peu sur son bassin d’emploi. »