Publié le
28 juil. 2026 à 6h26
C’est un drame qui a marqué. Le 8 février 2025, Bérengère, étudiante de 23 ans, perdait la vie rue Gambetta, à Lille, après avoir été renversée par un chauffard roulant à 122 km/h. Si ce dernier a été condamné à de la prison ferme le 13 juillet dernier, une autre étape a été franchie le 21 juillet 2026, avec l’adoption d’une proposition de loi intimement liée à ce drame.
Décès d’une étudiante fauchée à Lille : une loi contre les véhicules surpuissants
Trois jours après les faits, le 11 février 2025, la sénatrice lilloise (PS), Audrey Linkenheld, déposait une proposition de loi au Sénat visant à interdire la vente, la location ou la mise à disposition de « voitures surpuissantes » aux conducteurs inexpérimentés.

La sénatrice Audrey Linkenheld et Franck Gherbi, maire d’Hellemmes, avaient présenté le projet de loi le 17 février 2025 lors d’une conférence de presse. ©Bastien Grossin
Et pour cause, le chauffard de 18 ans au moment des faits, roulait à bord d’une Golf R, immatriculée en Allemagne, qu’il venait de louer.
« En louant un véhicule de plus de 300 chevaux avec seulement cinq mois de permis, il ne pouvait ignorer que son comportement aurait une issue dramatique. »
Présidente du tribunal lors du délibéré le lundi 13 juillet 2026
Un sujet sur lequel le maire d’Hellemmes, Franck Gherbi, avait tiré la sonnette d’alarme dès septembre 2024, en réaction notamment à un autre drame, survenu à Mouscron, en Belgique, le 14 juillet 2024. Quatre Français décédaient dans un accident, après avoir percuté deux arbres, alors qu’ils roulaient à bord d’une Audi louée, immatriculée en Pologne.
Pour réglementer la conduite des véhicules de forte puissance aux conducteurs inexpérimentés.
Retrouvez la tribune de Franck Gherbi, Maire d’Hellemmes .
Avec @A_Linkenheld Sénatrice et @PatrickKanner Sénateur. #CongresdesMairesduNord pic.twitter.com/QD3yqtE0GV— PS Hellemmes (@PSHellemmes) September 26, 2024
Dans une tribune « pour réglementer la conduite de véhicules de forte puissance aux conducteurs inexpérimentés, l’élu pointait du doigt les véhicules loués par des jeunes conducteurs, immatriculés à l’étranger, notamment en Allemagne ou en Pologne, qui rendent leur traçabilité difficile par les forces de l’ordre.
« J’ai porté à la connaissance de tous une proposition de loi que j’ai soumise aux sénateurs Patrick Kanner et Audrey Linkenheld. Cette proposition vise à restreindre l’accès et la conduite de certains véhicules aux jeunes permis du fait de leur puissance trop importante, en introduisant des mesures législatives claires et précises. »
Franck Gherbi, maire d’Hellemmes, en 2024
L’élu s’inspirait alors du permis A2 pour les motos, en créant un permis B2 précédant le permis B, qui ne s’obtiendrait non pas avec un examen supplémentaire mais après avoir obtenu « une véritable expérience de conduite ».
D’Hellemmes au Sénat : la proposition entre dans la loi RIPOST, que le PS n’a pas votée
Deux ans et demi plus tard, et après plusieurs tentatives, Audrey Linkenheld a enfin réussi à amender une loi votée, qui contient donc cette mesure. Il s’agit de la loi RIPOST, adoptée le 21 juillet 2026 par le Parlement.
« Son article 3 modifie le Code de la route en imposant ‘un délai probatoire’ au titulaire d’un permis de conduire ‘pour utiliser un véhicule dont la puissance du moteur dépasse un seuil déterminé par voie réglementaire;3
Audrey Linkenhled, sénatrice PS du Nord
Le texte interdit également la location de véhicules « dont la puissance du moteur dépasse un seuil fixé par voie réglementaire ». Un seuil qui n’est donc pas encore déterminé. « Tout en saluant cette avancée majeure contre le danger des bolides entre des mains inexpérimentées, nous appelons désormais le Gouvernement à agir vite : il doit rendre cette mesure pleinement opérationnelle en fixant sans délai, par décret, les seuils de puissance autorisés », ajoute donc la sénatrice.
Des délais compris, en moyenne, entre 5 et 8 mois. « Avec ces nouvelles dispositions, nous espérons éviter de nouveaux drames », a a-t-elle félicité au Sénat, saluant au passage l’interdiction de la vente de protoxyde d’azote aux particuliers. Un produit retrouvé dans le véhicule du chauffard, rue Gambetta, et en cause dans plusieurs drames dont la mort de Mathis, à Lille, en novembre 2025.
Mais si ces mesures ont été soutenues par les socialistes et donc Audrey Linkenheld et Patrick Kanner, ces derniers se sont abstenus au moment de voter l’ensemble de la loi RIPOST.
#sécurité
Malgré les avancées obtenues grâce aux @senateursPS pour mieux lutter contre les dégâts liés au protoxyde d’azote et aux bolides, impossible de voter le #PJLRipost qui acte la généralisation des amendes forfaitaires délictuelles et leur inscription au casier judiciaire. pic.twitter.com/zVn8QLZf0M— Audrey LINKENHELD (@A_Linkenheld) July 21, 2026
La sénatrice dénonçant « un texte fourre-tout qui s’articule exclusivement autour des amendes forfaitaires délictuelles qui ont pourtant fait la preuve de leur inefficacité ».
Ainsi, si elle salue « deux mesures d’envergure directement issues des propositions des sénatrices et sénateurs socialistes », la Lilloise dénonce certains points, comme l’inscription des amendes forfaitaires délictuelles au casier judiciaire. « C’est une dérive lourde de conséquence puisque sur la base d’une amende délivrée par un agent des forces de l’ordre, et sans intervention d’un juge, un individu pourra durablement se trouver empêché d’accéder à certains emplois qui exigent un casier judiciaire vierge. »
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.