Avec 34.400 nouveaux banquiers l’an dernier, les recrutements dans le secteur ont baissé de près de 30% par rapport au pic de 2022, selon la Fédération bancaire française.
En pleine mutation face à l’émergence de nouveaux outils de travail et aux changements des habitudes des clients, le secteur bancaire réduit la voilure en matière d’emploi : c’est la conclusion d’une étude publiée ce mardi par la Fédération bancaire française (FBF). Long d’une quinzaine de pages, ce document de l’observatoire des métiers de la banque revient sur les perspectives et la situation de l’emploi dans ce domaine. L’occasion de constater que les recrutements y sont au plus bas depuis 2013, avec 34.400 nouveaux banquiers l’an dernier, soit 10,2% de moins qu’en 2024.
À titre de comparaison, le secteur bancaire avait recruté, en 2022, 49.000 personnes. Un chiffre tombé ensuite graduellement, année après année, à 44.600, puis 38.300, en 2024. «Le secteur ajuste ses recrutements», analyse l’observatoire. Celui-ci estime toutefois qu’une partie de cette dynamique s’explique par un recul des départs, qui ont diminué de 11% l’an dernier, après 6% en 2024. De quoi faire dire à la FBF que «l’emploi bancaire recule en Europe mais résiste mieux en France» : la baisse de l’effectif se limite ainsi à 0,7%, l’an dernier, pour représenter 368.800 personnes en CDI, CDD et alternance, contre 375.100 en 2023. Il s’agit du contingent le plus faible depuis 2021.
Parmi les autres enseignements, l’étude fait état d’un recul plus marqué des effectifs dans les établissements rassemblés avec d’autres sous la bannière AFB (Association française des banques), comme BNP Paribas et la Société générale, que chez les banques mutualistes (Banques populaires, Caisses d’épargne, Crédit Agricole, Crédit Mutuel).
À lire aussi
Conseiller bancaire est-il un métier en voie d’extinction ? Face aux néobanques, ces salariés ont peur de l’avenir
Chute du nombre d’alternants
La baisse des effectifs s’explique surtout par l’évolution des modes de consommation des clients, qui se rendent moins en agence et rencontrent moins leur conseiller. En outre, le secteur s’appuie sur des outils informatiques qui rendent certaines tâches obsolètes ou en automatisent d’autres. De quoi lui permettre de ne pas remplacer l’ensemble des départs.
Par ailleurs, le secteur bancaire, comme l’ensemble de l’économie, fait état d’un recul du nombre d’alternants, passé de 19.800, en 2024, à 18.100. Son plus bas niveau, là encore, depuis 2021. «On a nettement baissé» mais «moins […] que d’autres» secteurs, nuançait le 21 juillet la présidente de la FBF Maya Atig, devant des journalistes. Cette évolution «résulte du repli de la politique publique de soutien à l’apprentissage», explique la FBF dans un communiqué, qui cite aussi une «gestion responsable des effectifs, en cohérence avec l’évolution des besoins de recrutement». Pour rappel, l’aide à l’embauche d’un apprenti a été largement réduite l’an dernier, passant de 6000 euros à 5000 pour les PME de moins de 250 salariés et à 2000 euros pour les entreprises de plus grande taille, comme les établissements bancaires.
Malgré tout, la FBF vante un domaine «stable», proposant des emplois «pérennes, très qualifiés, mixtes et inclusifs». Les femmes représentent la majorité des employés dans l’industrie, ainsi qu’une courte majorité des cadres, même si elles restent moins nombreuses aux postes de responsabilité : chez BNP Paribas, Société générale et Crédit Agricole SA, l’entité cotée du Crédit Agricole, les sept directeurs généraux et délégués sont exclusivement des hommes, et aucune grande banque n’est dirigée par une femme. De même, une écrasante majorité des professionnels – les trois quarts – sont cadres, affirme l’institution.