ANALYSE – Les flèches diplomatiques empoisonnées décochées par le Kazakh Tokaïev à son allié russe révèlent le divorce croissant entre la Russie poutinienne et ses alliés, terrifiés par la violence de la rechute impériale russe.
Qu’est-ce qui a poussé Kassym-Jomart Tokaïev, le très diplomatique président du Kazakhstan, à décocher, de manière polie mais appuyée, une série de flèches empoisonnées dans le jardin de Vladimir Poutine à propos de la guerre d’Ukraine, il y a quelques jours à Omsk ? Le sentiment que l’escalade impériale sans freins de la Russie pourrait finir par retentir sur la sécurité du Kazakhstan, qui possède des frontières poreuses, une armée peu préparée et une importante minorité russe ? La conviction que la Russie est affaiblie et cherche une sortie du conflit ? Le feu vert de la Chine de Xi Jinping qui veut signaler à Moscou qu’il est temps de lever le pied ? Ou une manœuvre coordonnée avec Poutine ?
« Il faut arrêter ça… J’ai beaucoup de respect pour le peuple ukrainien, pour sa langue et sa culture… Beaucoup, y compris nous, ne comprennent pas vraiment la nature de la guerre », a lancé Tokaïev, lunettes fumées, visage impassible, devant les caméras lors d’une rencontre…
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