En entrant dans la grange de la ferme de la Touche audienne, pour le marché bihebdomadaire à Pont-Péan (Ille-et-Vilaine), difficile au premier abord de mesurer les conséquences des vagues de canicule. Les cageots regorgent de légumes d’été et l’atmosphère fleure le pain et la galette au sarrasin.
Dans les vitrines réfrigérées, jus de pomme, œufs, petits chèvres frais ou fromage blanc, font vibrer les papilles. Au total, plus d’une centaine de produits provenant d’au moins cinq fermes bio s’étalent sous les guirlandes lumineuses de la guinguette.
« La récolte de sarrasin s’annonce catastrophique »
Mais la réalité pour les paysans est tout autre. La récolte de sarrasin s’annonce catastrophique. Nous devrions osciller entre cinq et dix tonnes au lieu des vingt habituelles, reconnaît Pierre-Yves Héluard, paysan-galettier de la ferme du Grain au pétrin installé depuis 2019. Le sarrasin est peu exigeant en eau, mais il y a des limites. À partir de 32 degrés, la photosynthèse s’arrête. Les fleurs, et donc les graines, ne se font pas.
Lire aussi : Spectacles, concerts… à Chartres-de-Bretagne, la billetterie du centre culturel Pôle Sud est ouverte
Pour produire les 10 000 galettes hebdomadaires, il sait qu’il va devoir se fournir en graines dans d’autres fermes bio de Bretagne. Les céréales d’hiver ont eu un bon rendement. Ce sont celles du printemps qui subissent la sécheresse. Depuis début mai 2026, et jusqu’à fin juillet, nous semons le sarrasin tous les quinze jours pour la contrer, mais il va falloir réfléchir à d’autres variétés.
« Nous avons perdu la moitié des semis de carottes »
Olivier Mosset, de la ferme de la Touche audienne, connaît la même situation. Engagé, depuis 2020, en maraîchage sur sol vivant pour développer la résilience du sol face aux aléas climatiques, ainsi que dans la plantation de haies pour éviter l’évaporation par le vent, il n’en est pas moins confronté aux mêmes réalités.
Lire aussi : Le maire claque la porte d’un conseil municipal surchauffé à Pont-Péan
Nous avons perdu la moitié des semis de carottes et nous ne pouvons pas proposer de salades, car elles sèchent sur pied, explique-t-il. Pour sauver les cultures, nous arrosons dix minutes toutes les quatre heures. Cela demande beaucoup d’énergie. Nous avons aussi investi 4 000 € dans des filets goutte-à-goutte, mais cela ne suffit pas. Il va falloir continuer à mettre en place d’autres stratégies.
Le mardi, de 16 h à 19 h et le vendredi, de 15 h à 19 h, à la ferme de la Touche audienne. Le Domaine, 9 le Ruel. Marché de producteurs bio, fermé du 4 au 23 août 2026. Possibilité de commander en ligne pour retrait à la ferme : maboutiquefermiere.fr/agricool.