Un lieu laissé à l’abandon, avec ses murs délabrés, ses vitres cassées, ses machines recouvertes de poussière. Un environnement hostile ? Glauque ? Eux y voient une « feuille blanche », avec des « couleurs », des matières, des teintes « uniques ». Eux, ce sont les graffeurs, qui depuis plusieurs décennies s’infiltrent dans les friches, bombes de peinture en main, adrénaline au cœur et attirés par ces lieux et leur histoire singulière. « C’est mortel », décrit sans fard Antistatik , trente ans d’aérosols dans les mains, de fresques (notamment à Strasbourg) et de cahiers remplis de dessins pour affiner son style.

« Une friche, ça te permet de faire quelque chose qui n’est pas plat : tu peux jouer sur plusieurs murs, plusieurs…