Christophe Vilar expose jusqu’au 30 août à la chapelle du Quartier-haut de Sète, où il présente une cinquantaine de tableaux et plusieurs statues. L’exposition « Extérieur du dedans » explore son abstraction figurative, influencée par son environnement et ses « états d’esprit ». Déjà 2 000 visiteurs ont découvert ses œuvres.
Christophe Vilar est ici chez lui. À Sète d’abord, la ville emblématique de son père, Jean Vilar, mais aussi la sienne où il vit et travaille depuis cinquante ans. Dans la chapelle du Quartier-haut ensuite, qu’il a contribué à transformer en musée dans les années 1990 alors qu’elle était menacée de destruction.
Douze ans après sa dernière exposition dans ce haut lieu de la culture sétoise, le peintre présente une cinquantaine de tableaux peints dans son atelier du mont Saint-Clair, face à la grande bleue. Comme un thème, l’horizon marin revient sur chacune des toiles, survolé par un gabian, signature intemporelle du peintre.
Des silhouettes mi-architecturales, mi-totémiques
L’univers de l’artiste déroute autant qu’il fascine. Sur ses toiles, des figures imposantes, faites de blocs géométriques imbriqués, se détachent sur un fond de sable, d’eau et de ciel aux contrastes et à la luminosité différents. Les arches, cylindres, triangles et autres figures, pas posés là par hasard, formant des silhouettes moitié architecturales, moitié totémiques. Certaines plus raffinées, d’autres plus confuses, mais jamais abstraites. « J’appelle ça de l’abstraction figurative, parce que ça représente quelque chose, définit le Sétois. Après, chacun se raconte sa propre histoire et interprète ce dont il a envie selon son intérieur. »
Ce qui frappe aussi le visiteur quand il s’approche des tableaux, c’est le travail de la surface. Rien n’est lisse. Christophe Vilar recouvre ses figures de milliers de petites hachures répétitives et minutieuses réalisées à la lame, à s’en « bloquer les doigts ». Un travail d’une fine précision qui donne un relief saisissant, presque sculptural, à la peinture.
Un travail long de deux années
Intitulée « Extérieur du dedans », cette exposition raconte aussi la philosophie du peintre. « Quand j’étais jeune peintre, je pensais naïvement que c’était moi qui inventais, que seule ma sensibilité s’exprimait. Mais avec le temps, je me suis rendu compte que je suis très sensible à l’environnement extérieur. Je suis une sorte de buvard qui m’imprègne de ce qui m’entoure pour enfin le ressortir sur une toile, mon état d’esprit en plus ».
Dans la galerie, l’accrochage ne laisse pas indifférent. Les tableaux sont alignés dans un ordre chronologique, des premiers réalisés en 2024 aux derniers il y a quelques mois seulement, laissant entrevoir des cycles plus ou moins sombres, imprégnés par la nostalgie du peintre. L’atmosphère est bercée par des notes de blues. Eric Clapton, Tim Hardin ou J.J. Cale accompagnent le visiteur comme ils assistent le peintre dans son atelier. « Travailler en musique me tonifie dans mon rythme d’exécution et me stimule dans la manière d’évoluer mentalement », explique l’homme qui s’inspire aussi de Kandinsky ou Braque.
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Près de 2 000 visiteurs sont déjà venus voir ces tableaux, complétés par quelques gravures et sculptures plus anciennes de l’infatigable artiste, qui sera présent pour rencontrer son public le 30 août, dernier jour de l’exposition.
L’exposition est visible gratuitement tous les jours, sauf le mardi, de 10 h à 18 h à la chapelle du Quartier-haut, 2-10 rue Borne.