Le Racing 92 disputera ses quatre derniers matchs à l’Arena cette saison, alternant le reste du temps entre Créteil et plusieurs délocalisations jusqu’à son grand retour au stade Yves-du-Manoir de Colombes en mai.
Le Racing 92 et sa Paris-La Défense Arena, c’est bientôt fini. Imaginée et construite par Jacky Lorenzetti malgré 23 recours administratifs, sortie de terre après quatre ans de travaux qui auront coûté la bagatelle de 350 millions d’euros, l’enceinte rendue légendaire par les triomphes de Léon Marchand lors des Jeux Olympiques de Paris 2024 aura malheureusement connu une histoire contrastée avec le rugby. Inaugurée par un piteux match nul du XV de France face au Japon le 25 novembre 2017 (23-23), la Paris-La Défense Arena n’a jamais vraiment réussi à trouver son public sur le long terme, pas toujours aidée il est vrai par les performances en dents de scie des Racingmen, qui ont progressivement contraint les joueurs de rugby à céder la place aux spectacles, beaucoup plus rentables.
Un processus qui, au-delà des matchs de phase régulière, s’est petit à petit étendu à certains matchs de phases finales, créant un décalage énorme entre les ambitions sportives du club et la réalité de sa politique. « Le bilan Racing-Arena est mitigé, ça n’a pas pris comme je pensais. Le succès phénoménal des spectacles a englouti les espérances du rugby », a ainsi reconnu le président Jacky Lorenzetti dans nos colonnes voilà quelques semaines. Pensée comme un outil de développement et de modernisation, la Paris-La Défense Arena n’a à l’heure du bilan, celle-ci n’a jamais réussi à faire le plein pour du rugby qu’une seule fois : le jour de son inauguration le 22 décembre 2017, qui avait vu 30 000 spectateurs assister à la victoire du Racing face au Stade toulousain (23-19).
Strasbourg, Auxerre, Le Havre…
Voilà pourquoi le président Lorenzetti a finalement décidé, au début de l’année, de vendre sa salle au géant américain Live Nation pour un deal estimé à 600 millions d’euros. Et donc pourquoi, pour cette dernière saison, les concerts de Céline Dion et le Rolex Paris Masters seront appelés à occuper l’enceinte en priorité par rapport aux rugbymen, qui n’y disputeront que quatre rencontres (trois de Top 14 et une de Champions Cup) en fin d’année civile (dont le derby face au Stade français pour le Boxing Day) avant de s’en retourner dans leur enceinte historique d’Yves-du-Manoir à Colombes, actuellement en rénovation après avoir servi de site olympique pour le hockey sur gazon en 2024, où ils devraient pouvoir disputer leurs premiers matchs dès le mois de mai.
D’ici là ? Le Racing n’aura d’autre option que de jouer les « SDF », alternant pour ses rencontres « à domicile » entre le stade Dominique-Duvauchelle de Créteil et les délocalisations, prévues du côté de Strasbourg, Auxerre ou Le Havre. « On aura deux terrains ou plus mais honnêtement, le fait de ne pas jouer à l’Arena ne me perturbe pas, confiait le manager Patrice Collazo à notre site rugbyrama.fr. Historiquement, c’est un peu dans l’ADN du club aussi. Je sais que nous avons un groupe qui aime se préparer dans des conditions différentes. Et puis, j’ai toujours connu le Racing performant, entre guillemets, à l’extérieur. Le rugby de la capitale ce n’est pas le même que le rugby de la province. C’est totalement différent en termes de fonctionnement, de groupe, de mentalité ou même de management. Ici, il y a aussi moins de pression, quand on sort de l’entraînement, il n’y a rien qui nous ramène au rugby. Dans une très grande ville comme chez nous, la pression externe n’est pas aussi forte qu’à Toulouse, qu’à Toulon, qu’à La Rochelle ou qu’à Perpignan. On doit se créer son environnement et son histoire. » Les Racingmen y sont d’ailleurs parvenus la saison dernière, en s’avérant la troisième meilleure équipe du Top 14 à l’extérieur. Des dispositions au voyage qu’il s’agira plus que jamais de conserver…