Par
Ludivine Caporal
Publié le
29 juil. 2026 à 16h57
« On assiste à un ensauvagement du quartier. Il y a quelques années, ce n’était pas comme ça », se désolent Christophe, Vincent, Josiane et Nathalie.
Ces quatre résidents du secteur Ferrandière, à Villeurbanne, font partie d’un jeune collectif d’habitants monté au début de l’année et réunissant une cinquantaine de personnes, toutes impactées par la même problématique : la présence de deux points de deal rivaux, dont les affrontements se font de plus en plus violents.
Tirs d’arme à feu, nuisances, dégradations… Ils veulent désormais tout faire pour que cela cesse.
Des menaces lors du premier rassemblement du collectif
« De base c’est un quartier ouvrier, tranquille. Mais les dealers l’ont envahi et le font pourrir. Ils ont toujours été plus ou moins présents, mais aujourd’hui ils sont violents, agressifs et nous font craindre d’être un dommage collatéral lors d’un règlement de compte entre eux », s’indignent les quatre voisins.

Un des impacts de balle sur une résidence sociale de la rue Lafontaine. (©Ludivine Caporal/actu Lyon)
Ou même d’être une cible tout court. Lors d’un rassemblement pacifique organisé par le collectif début juillet, aux abords des points de deal situés rue Lafontaine et rue Louis Braille, une habitante aurait été menacée directement par un jeune à trottinette, visiblement gêné par leur action.
« Il lui a dit »on va vous tirer dessus, on va vous enculer » et lui a craché au visage. Tout ça devant la police », témoigne Vincent, encore choqué de la scène. « Avant ça, il se pavanait et se prenait en selfie avec la police juste derrière, en faisant le malin », poursuit Christophe, précisant que ce dernier n’a pas pu être rattrapé.
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« Leur laisser la place, c’est hors de question »
Ce sentiment de toute-puissance, comme si les dealers régnaient sur le secteur, les habitants de Ferrandière veulent réussir à les en déposséder. Et surtout à leur faire comprendre « qu’ici, c’est notre quartier. Pas le leur ».
« Je ne veux pas déménager. Ça signifierait abandonner et leur laisser la place et c’est hors de question », souffle Vincent.
« Pourquoi pas descendre dans la rue et aller leur parler, sans agressivité ? Comme certains l’ont fait au Tonkin ? », s’interroge Christophe avant de poursuivre : « Je l’avais déjà fait il y a dix ans pour un point de deal en bas de chez moi. Ça avait fonctionné. »
« N’oublie pas que ce ne sont plus les mêmes jeunes. Ils sont violents maintenant ! », lui rétorque sa femme, visiblement inquiète.
« Le vivre-ensemble n’existe plus »
À coups de réunions avec la mairie, le commissariat et, bientôt, la préfecture du Rhône, le collectif espère en tout cas se faire entendre pour que la situation évolue. Une potentielle union avec le collectif Grand-Clément, dont les habitants vivent le même enfer, est également envisagée pour « avoir plus de poids ».

Des dégradations rue Lafontaine suite à la présence du point de deal. (©Documents remis à actu Lyon)
« C’est tellement dommage, car le quartier s’est dans un sens amélioré et embelli avec l’arrivée du tram T6 et la fin des travaux. Mais ces gens-là pourrissent tout. Le vivre-ensemble n’existe pas, ou du moins plus », regrettent les quatre voisins, qui relèvent tout de même la présence régulière de CRS aux abords des points de deal, bien connus des autorités.
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