Brahim, 79 ans, lit « Cent vingt francs » de Xavier Le Clerc, un roman sur le destin d’un soldat algérien engagé pendant la Première Guerre mondiale. / PHOTO Adrien Pittore
À une heure où les Catalans ressemblent davantage à une mosaïque de serviettes qu’à une plage, chacun tente de grappiller son morceau de sable pendant que la Méditerranée miroite les reflets dorés du soleil. Les baigneurs enchaînent les allers-retours dans l’eau et, entre deux plongeons, chacun trouve sa façon de s’évader sans quitter sa serviette.
Podcasts dans les oreilles pour les uns, musique pour les autres, magazines, mots fléchés ou romans pour beaucoup. Car malgré l’essor des contenus à écouter, le livre garde une place de choix sur le sable marseillais.
Face à la mer, Brahim, 72 ans, est confortablement installé sur sa chaise de camping. Son regard s’échappe parfois vers l’horizon avant de revenir sur les pages de Cent vingt francs de Xavier Le Clerc.
Le roman raconte le destin d’un paysan algérien qui, pour nourrir sa famille, s’engage dans l’armée française pendant la Première Guerre mondiale. Une histoire qui résonne avec les origines de ce lecteur fidèle. « C’est le troisième livre que je lis du même auteur. Je trouve que c’est un très bon livre. » Malgré le contexte historique, il le décrit comme une lecture « très facile ».
Sur la plage des Catalans, le livre s’impose comme un indispensable pour accompagner les séances de bronzage. / PHOTO Adrien Pittore
Quelques serviettes plus loin, Zineb, 39 ans, a presque les pieds dans l’eau. Elle ne décroche plus de Derrière les portes de B.A. Paris, un thriller psychologique découvert grâce aux recommandations sur les réseaux sociaux. « J’ai l’impression de regarder une série Netflix« , sourit-elle. Les dernières pages approchent et elle préfère ne rien dévoiler de l’intrigue. Une chose est sûre : « C’est très addictif, on a envie d’y retourner. » Pour elle, le livre idéal de l’été est celui qu’on a du mal à refermer, même lorsque les copains proposent d’aller se baigner.
Des classiques aux thrillers, chacun sa parenthèse estivale
À observer les couvertures des livres posés sur les serviettes, une tendance se dessine. Les romans gardent une place de choix : thrillers, comédies, classiques et même quelques essais. Ici, chacun compose sa parenthèse estivale à sa manière.
Zineb, 39 ans, lit « Derrière les portes », un thriller psychologique de B. A. Paris. / PHOTO Adrien Pittore
Margot, 22 ans, profite de ce temps libre pour s’attaquer à L’Éducation sentimentale de Gustave Flaubert. Une manière, dit-elle, de se réconcilier avec un auteur qu’elle n’avait pas apprécié au lycée. « Ce livre mêle histoire d’amour, politique et sujets de société. C’est de la littérature classique, et moi j’adore. »
À quelques mètres d’elle, Delphine, 48 ans, venue passer ses vacances à Marseille, a fait le choix inverse. Son roman, Ça peut pas rater ! de Gilles Legardinier, raconte les déboires d’une femme qui décide de reprendre sa vie en main. « C’est à hurler de rire », lance-t-elle. Pour elle, les vacances sont faites pour déconnecter, sourire et tourner les pages sans se prendre la tête.
Le livre sous tous ses formats
Le livre papier reste majoritaire sur le sable des Catalans, mais un autre format s’invite aussi dans les sacs de plage. Diane, Parisienne en vacances à Marseille, ne voyage plus sans sa liseuse. « C’est plus pratique et plus léger. C’est moins encombrant qu’un vrai livre dans le sac de plage », explique-t-elle. Une bibliothèque entière tient désormais dans quelques centaines de grammes, de quoi glisser plusieurs romans dans un bagage déjà bien chargé.
La liseuse, véritable bibliothèque de poche, séduit de plus en plus de vacanciers. Pratique et légère, elle s’invite sur les plages tout l’été. / PHOTO Adrien Pittore
Alors pour ceux qui rentrent de vacances comme pour ceux qui n’ont pas eu la chance de partir, il reste toujours une destination accessible sans billet de train ni carte d’embarquement : le livre. Quelques pages suffisent pour se laisser embarquer dans une histoire réelle ou imaginaire et voyager, le temps d’un chapitre, sans quitter son canapé… ou sa serviette pour les plus chanceux !