Une décennie plus tard, la solidarité reste intacte à Nice. À peine passées les commémorations des dix ans de l’attentat du 14 juillet 2016, la Villa Masséna était, ce mercredi 29 juillet 2026, le théâtre d’une cérémonie particulière. Présidée par le maire Éric Ciotti, cette dernière a vu la remise de deux chèques pour les quatre associations niçoises des victimes de l’attentat du 14 juillet 2016 (Mémorial des Anges, Promenade des Anges, Une Voie des Enfants et Life for Nice). Le fruit d’une opération organisée par l’association Team06 (regroupant policiers et pompiers autour d’œuvres caritatives) et le syndicat des chauffeurs de taxi niçois. Au total, plus de 19 000 euros ont pu être récoltés.
Régis Courtin, président de Team06 et adjudant-chef des sapeurs-pompiers de Nice, revient sur les objectifs du dispositif : « Notre volonté était de récolter des fonds pour les familles des victimes dans un but caritatif. Nous avons donc pensé à réaliser des écussons qui pourraient intéresser des collectionneurs car les métiers corporatistes, comme les pompiers ou les policiers, en regorgent. Nous avons créé cet écusson apposé sur nos uniformes avec des symboles de la ville de Nice tels que la promenade des Anglais, l’aigle niçois mais surtout 86 faisceaux lumineux en hommage aux victimes de l’attentat de 2016. Les ventes de cet écusson nous ont permis de récolter plus de 12 000 euros directement reversés aux familles, en plus des 7 000 récoltés par les chauffeurs de taxi. »
Parmi les premiers secouristes arrivés sur les lieux le soir du 14 juillet 2016, l’adjudant-chef souligne l’importance pour son association de faire perdurer « le devoir de mémoire » dix ans après la tragédie.
« En tant que pompier niçois et primo intervenant le soir de l’attentat, cette cérémonie représente le souvenir de ce devoir de mémoire. Cette nuit du 14 juillet 2016 m’a profondément marqué à titre personnel mais également beaucoup de mes collègues pour qui c’est toujours très difficile d’en parler. Ça a été très compliqué pendant des années de revenir sur la Promenade et de réaliser des opérations de secours qui pouvaient raviver des souvenirs très douloureux. »
« Plus que les fonds récoltés, c’est le geste qui a le plus de sens »
Pour les associations qui œuvrent depuis des années au soutien à la fois psychologique, financier et logistique des familles, ce dispositif est « une énième démonstration que la solidarité des Niçois ne s’effrite pas, même dix ans après », selon Anne Murris, présidente et fondatrice de Mémorial des Anges. Sa fille Camille est décédée le soir de l’attentat.
« Je vois ce qu’il y a de plus beau dans notre société ; la solidarité et l’humanité. Lorsque l’on voit ces opérations mises en place de façon spontanée, par pure générosité, ça a un sens extraordinaire 10 ans après. Plus que le chiffre, certes pas négligeable, c’est l’action humaine derrière qui est belle et qui donne beaucoup de courage aux familles. Ces dons vont malgré tout nous aider à réaliser notre projet de mise en place d’un lieu d’hommage pérenne ici à la Villa Masséna. »
Lors de son discours d’ouverture de la cérémonie, le maire Éric Ciotti a en effet confirmé sa volonté de transformer la Villa Masséna en mémorial permanent.