À la suite de notre article évoquant l’embolie du système de mise à l’abri des personnes à la rue – l’État, de qui relève l’essentiel de cette compétence, ayant demandé à son opérateur, la plateforme du SIAO 13, d’appliquer de nouveaux critères d’exclusion- la fédération des acteurs de la solidarité (FAS Paca Corse), la Fondation pour le logement, l’Uriopss Paca Corse et l’Unafo ont à leur tour interpellé le préfet pour garantir l’hébergement d’urgence inconditionnel. Et à empêcher les sorties « sèches » de personnes accueillies à l’hôtel, et remises à la rue sans solution alternative.
Ce mercredi, c’est la Ville de Marseille qui s’en est à son tour émue : « Si ces informations devaient être confirmées, écrit-elle dans un long communiqué, elles marqueraient une rupture grave avec les engagements pris collectivement ces dernières années pour protéger les personnes les plus vulnérables. »
« Responsabilité exclusive de l’État »
La Ville de Marseille « rappelle son attachement au principe d’accueil inconditionnel des personnes en détresse […] Aucune femme, aucun enfant, aucune famille ne devrait se retrouver à la rue sans solution, a fortiori en période de canicule ».
Comme l’avait déjà fait dans nos colonnes le Réseau hospitalité Marseille, la Ville souligne aussi que l’hébergement d’urgence « relève de la responsabilité exclusive de l’État ». Et note que depuis 2020, la collectivité a cependant choisi de consacrer elle-même 2 millions d’euros par an à son « Plan Pauvreté », de financer intégralement son Samu social, ou de mettre gratuitement à disposition 15 bâtiments municipaux ayant permis l’ouverture de près de 600 places d’hébergement pérennes.
« Renforcer l’accueil »
Mais devant les « tensions croissantes » pesant sur la chaîne de l’hébergement d’urgence, « les possibilités de nouvelles mises à l’abri sont quasiment inexistantes […] Nous ne pouvons accepter que des considérations budgétaires conduisent à exposer des femmes, des enfants et des personnes particulièrement vulnérables à de tels risques. » Bref, la Ville « partage pleinement l’alerte » des associations de solidarité et appelle l’État à « revenir sur toute décision conduisant à des sorties sans solution ».
À Marseille, où le taux de pauvreté atteint 26 % (14 % au niveau national), « l’urgence commande plus que jamais de renforcer la protection des plus fragiles », écrit la Ville, demandant à l’État « d’assumer pleinement les responsabilités qui lui incombent ».