Posted On 29 juillet 2026
Le 27 juillet, 4 mois jours pour jour après son élection, Laurence Ruffin confiait à Ici Isère sa satisfaction : « très fière », se disait-elle, du chemin parcouru depuis mars dernier ! Pendant ce temps, le groupe d’opposition Réconcilier Grenoble présentait un bilan autrement plus réaliste : « 120 jours de Laurence Ruffin : 120 jours pour rien ».
UNE MAIRE TRÈS SATISFAITE D’ELLE-MÊME
Sur Ici Isère, la maire égrène encore son triptyque de campagne périmé : « coopérer, protéger, inventer ». Elle se dit « très fière » et « contente de ce que l’on fabrique avec les gens ». On aimerait bien savoir de quoi elle parle puisque elle n’a rien fabriqué. Cette autosatisfaction confortable tranche comme d’habitude avec la réalité vécue par les Grenoblois qui, en plus de 120 jours, n’ont absolument rien vu de neuf.
Le groupe d’opposition Réconcilier Grenoble a présenté le bilan des premiers jours de Laurence Ruffin lundi dernier, 4 mois jour pour jour après son élection. Ici de gauche à droite : Jean-Noël Pusel, Nathalie Béranger, Thierry Aldeguer, Brigitte Boer, Jean-Luc Rizzi, Clément Chappet, Pierre-Edouard Cardinal.
« Elle ne fait rien pour les Grenoblois. Rien sur la sécurité, rien sur le commerce, rien sur la propreté, rien sur le logement… Et elle ne fera rien de plus, car elle est tributaire de la même ligne politique et la même équipe qu’Éric Piolle » analyse Clément Chappet, président du groupe Réconcilier Grenoble.
UN RECYCLAGE ASSUMÉ DÈS LE PREMIER JOUR
Car cette satisfaction affichée est en fait celle d’une équipe qui n’a rien changé. La moitié des adjoints de la « nouvelle municipalité » siégeaient déjà aux côtés d’Éric Piolle. Donc forcément : « ces premiers jours ne racontent ni une rupture, ni un nouvel élan pour notre ville. Ils témoignent au contraire de la poursuite des mêmes méthodes, de la même ligne idéologique, et du même goût pour les incantations plutôt que pour l’action » explique le groupe Réconcilier Grenoble. Un constat valable pour tous les sujets.
SÉCURITÉ : L’IMMOBILISME HABILLÉ EN COMITÉ ÉTHIQUE
Sur la sécurité par exemple, l’unique réponse de la majorité aura été la création d’un « comité scientifique et éthique sur la sécurité », qui formulera des avis « non contraignants » et rendra un rapport dans 3 ans pendant que les élus ne veulent toujours rien faire, refusent la vidéoprotection, le centre de supervision opérationnel 24h/24, la police municipale armée, et que la délinquance continue de peser sur la vie des Grenoblois.
COMMERCE : UN « CIEL DE RUE » FACE À UNE VILLE QUI SE VIDE
En matière de commerce, Jean-Luc Rizzi a rappelé que « en dix ans, le taux de vacance commerciale à Grenoble est passé de 6 à 14 % ». Et ce en raison de « l’insécurité, la malpropreté et l’inaccessibilité ». Pour toute réponse, la majorité a installé un « ciel de rue » rue de Bonne. Un gadget pour les commerces qui agonisent : « on dépense 45 000 €, mais cela ne règle pas les problèmes de fond ».
Le groupe d’opposition a réalisé un bilan thème par thème de ces premiers jours, consultable en cliquant ici.
UNE MAIRE SANS LÉGITIMITÉ POPULAIRE ET REPLIÉE SUR ELLE-MÊME
« Nous étions en tête au premier tour des municipales. La nouvelle maire aurait dû en tenir compte, elle aurait dû renverser la table. Elle pouvait nous donner des délégations, la présidence de la commission des finances, elle aurait pu rompre avec les années Piolle, lancer des signaux… mais non. Elle a loupé la première marche » fustige Nathalie Béranger (le Dauphiné).
Ces 4 mois ont en effet confirmé le repli sur soi d’une équipe pourtant très mal élue, sans légitimité populaire, qui se retrouve aux affaires alors que sa ligne a été massivement rejetée, mais qui n’entend rien remettre en question.
L’ABSENCE DE DIALOGUE ET TOUJOURS LES PROJETS IMPOSÉS
Un fonctionnement confirmé par Pierre-Edouard Cardinal : elle « n’entend pas son opposition qui lui propose de coopérer avec elle » et elle n’entend pas plus « les commerçants, ni les unions de quartier ». L’exemple de la Chronovélo Berriat l’illustre : le calendrier avait été revu pour permettre de revoir la partie qui suscite de fortes oppositions des habitants et commerçants après les élections, mais malgré cette possibilité de rouvrir le dialogue et d’étudier le contre-projet de l’union de quartier, Laurence Ruffin a décidé d’imposer les travaux au forceps en les avançant en plein coeur de l’été.
LE COMMUNAUTARISME ASSUMÉ DE RUFFIN
Autre marqueur fort de ce début de mandat : les accointances communautaristes. « Il y a un réel flou sur la défense de la laïcité. On l’a vu avec le burkini : c’est un islamo-gauchisme revendiqué » a pointé Thierry Aldeguer. Laurence Ruffin n’a en effet pas cessé d’envoyer des signaux idéologiques très alarmants, avec une 1ère délibération qui fait la part belle au concept d’islamophobie puis une conférence sur le sujet, l’absence de prise en compte du jugement du tribunal administratif interdisant le burkini dans les piscines…
Ici Isère. Elle ne fait rien mais elle ose tout.
UN CLIMAT PLUS DÉLÉTÈRE QUE JAMAIS
Brigitte Boer a elle rappelé l’agressivité des débats, et une ambiance délétère qui nuit aux débats et à la sérénité de la municipalité. Elle fustige « une maire qui laisse la parole libre à LFI et qui nous coupe le micro », résumant en une phrase le fonctionnement de Ruffin qui doit son élection aux Insoumis. En passant un accord avec Allan Brunon, elle a plongé Grenoble dans le climat de violence inédite et n’a pas les moyens d’en sortir.
120 JOURS QUI CONFIRMENT QUE GRENOBLE VA DANS LE MUR
Du fait de cet accord Ruffin/ LFI, « Grenoble est plus bordélisée que jamais » a lâché Clément Chappet. Nous reviendrons dans notre article de demain sur cet autre aspect du bilan des 4 premiers mois.
Laurence Ruffin peut bien se dire « très fière » : son mandat n’aura été, en 4 mois, que la preuve d’une incapacité totale à se renouveler. On peut le décliner pour tous les sujets : logement, culture, urbanisme, santé… Faute de rupture, faute de courage, faute d’idées, c’est bien Grenoble tout entière que cette continuité mène droit dans le mur.