Le 27 juillet, une jeune cliente est décédée dans un salon d’esthétique de Nice après avoir subi vraisemblablement une injection clandestine. Une enquête est ouverte par le parquet de Nice et deux femmes ont été placées en détention provisoire. 

C’est une affaire qui prend de plus en plus d’ampleur. A Nice, une jeune femme de 25 ans a perdu la vie après avoir eu recours à une injection de botox vraisemblablement clandestine, a indiqué le parquet de la ville ce jeudi 30 juillet dans un communiqué. 

Les faits ont eu lieu le 27 juillet. Ce jour-là, la police a été sollicitée après qu’une cliente d’un salon d’esthétique était en arrêt cardio-respiratoire. Malgré l’intervention des forces de l’ordre, des secours et de la personne ayant procédé à l’injection, la jeune femme est décédée. 

Selon le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, la victime s’est présentée dans l’établissement «pour des injections de botox au niveau des fessiers». «Après avoir subi une injection de lidocaïne, produit anesthésiant, avant l’injection du botox, elle faisait immédiatement un malaise», avant de décéder, a fait savoir le magistrat.

Des produits injectables neufs et usagés venus d’Asie

A la suite de ces faits, une enquête de flagrance a été ouverte des chefs de «homicide involontaire, exercice illégal de la médecine et administration de substances nuisibles». Les investigations, confiées au Service Local de Police Judiciaire (SLPJ) de Nice, en co-saisine avec l’ARS PACA, ont permis le placement en garde à vue d’une femme née en 1990 et ayant pratiqué l’injection, de la gérante du salon née en 1998 et d’un homme qui «emporté des produits se trouvant dans le salon juste après les faits».

Une perquisition de l’établissement a été ordonnée. Celle-ci a permis de découvrir «de nombreux produits neufs et usagés, notamment des médicaments, des seringues et des produits injectables manifestement en provenance d’Asie». 1.500 euros en liquide ont également été saisis. 

«Les premiers éléments et les auditions faisaient apparaître que la personne ayant pratiqué l’injection ne disposait ni de réelle formation ni d’autorisation pour pratiquer des injections qu’elle réalisait à la demande, sur sollicitation via « le bouche à oreille ». Domiciliée habituellement en région parisienne, elle se présentait comme esthéticienne en précisant que l’activité d’injection était non déclarée», a expliqué le procureur de la République de Nice Damien Martinelli dans son communiqué. 

«Alors qu’elle était en vacances dans le Var, elle avait été sollicitée via la gérante du salon pour intervenir. Elle reconnaissait rapidement qu’elle utilisait des produits réglementés réservés à un usage médical. Les investigations tendaient à démontrer une activité illégale pouvant remonter à 2022. Si elle reconnaissait certains éléments, elle refusait de communiquer son adresse à Nice», a-t-il ajouté.

Les deux femmes placées en détention provisoire

De son côté, la gérante a affirmé avoir ouvert l’établissement dans lequel les faits ont eu lieu en juillet 2024. Dans ce salon, elle a assuré ne pratiquer elle-même que des soins du visage et des séances de blanchiment dentaire. Par ailleurs, la jeune femme a noté qu’elle louait son salon «à des intervenants extérieurs avec le plus souvent des paiements en espèces sans savoir, selon ses dires, ce qui y était pratiqué». 

Il s’est finalement avéré que le salon apparaissait sans existence administrative et fiscale. Le magistrat a souligné dans son communiqué que cette gérante est connue «pour des manquements dans le cadre de procédures de contrôle». Au cours de cette même garde à vue, la jeune femme a fini par reconnaître avoir elle-même pratiqué des injections avant d’arrêter. 

Concernant l’homme, celui-ci est le mari de la femme ayant pratiqué l’injection. Interrogé, il a déclaré «ne pas savoir que l’activité de sa femme était illégale et remettait des produits emportés au moment des faits à la demande de sa conjointe».

Alors qu’une autopsie a été ordonnée par le parquet, une information judiciaire a été ouverte notamment pour «homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité», «mise en danger d’autrui (risque immédiat de mort ou d’infirmité) par violation manifestement délibérée d’une obligation règlementaire de sécurité ou de prudence», «exercice illégal de la profession de médecin» et «travail dissimulé».

Les trois individus ont finalement été mis en examen. Les deux femmes ont été placées en détention provisoire tandis que l’homme a été, lui, mis sous contrôle judiciaire.