Je cherche la lumière dans la noirceur. C’est ainsi que Dorian Goichon raconte son intérêt pour l’urbex, une pratique qui consiste à explorer des lieux abandonnés et inaccessibles au public. Il redonne vie à d’anciennes usines grâce à ses photographies, exposées à la médiathèque Geneviève-Couteau, à Clisson (Loire-Atlantique), jusqu’au samedi 29 août 2026.
Muni de son appareil photo, l’artiste de 43 ans s’aventure dans ces lieux sombres autrefois vivants, désormais réinvestis par la nature, pour en saisir l’essence et les émotions.
J’essaie de donner une âme à mes photographies, indique ce passionné d’Histoire, désireux de mettre en avant un patrimoine enfoui dans des zones désormais quasi introuvables. Photographier ces endroits oubliés, c’est se souvenir du passé et des belles choses que l’humain a réalisées, souligne le photographe.
Une exploration du temps en photo
L’exposition s’inscrit dans le cadre du centenaire de la photographie. À cette occasion, Pauline La Goutte, directrice de la médiathèque de Clisson, a flashé sur les photographies de Dorian Goichon, qui allie parfaitement l’urbex à l’art photographique, comme en témoignent les divers clichés exposés.
Carte blanche lui a été donnée pour choisir puis assembler l’exposition. Celle-ci fait écho à une autre exposition, Les palais oubliés d’Italie, actuellement visible à la villa Garenne-Lemot.
Au fil des photographies, le visiteur saisit le temps qui fait son œuvre et la nature qui reprend ses droits au sein de ces lieux disparus des radars. Pour y accéder, je fais énormément de recherches, dans une région choisie, déclare l’explorateur. Toutefois, l’artiste souligne ne pas divulguer les adresses, pour préserver et respecter le lieu et sa mémoire, eu égard au surtourisme qui porte atteinte à l’intégrité des lieux.
Un temps suspendu
En regardant ces clichés d’urbex, le public sera curieux de connaître les souvenirs marquants de l’artiste : On a découvert le journal intime d’un homme qui a participé à la Première guerre mondiale.
Les visiteurs de l’exposition devineront aussi des moments suspendus, ce que confirme Dorian Goichon, qui décrit un jeune étalon apparu devant lui, alors qu’il n’y avait rien autour de la zone. C’était très étrange, on s’est regardés un instant. Je l’ai pris en photo, puis il est reparti. J’ai eu l’impression qu’il était le gardien des lieux, se remémore-t-il. Parfois, des instants capturés continuent de garder tout leur mystère.
Jusqu’au samedi 29 août 2026, les mardis, de 16 h à 19 h, les mercredis, de 10 h à 13 h et de 15 h à 18 h, les vendredis et samedis, de 10 h à 13 h, médiathèque Geneviève-Couteau, 1, place Jacques-Demy. Contact : @dorian_gchn (Instagram).