FIGAROVOX/ENTRETIEN – L’Odyssée, le film de Christopher Nolan suscite de nombreux débats tournant autour de sa fidélité à l’œuvre d’Homère et des messages que le réalisateur aurait voulu transmettre. L’historien critique cette nouvelle adaptation de l’épopée.

Olivier Battistini est historien, spécialiste de l’œuvre d’Homère. 

LE FIGARO. – Vous venez de voir le film de Nolan. Vous êtes historien du monde grec et helléniste, passionné par la littérature de la Grèce ancienne, qu’en avez-vous pensé, qu’avez-vous ressenti ?

Olivier BATTISTINI. – Je n’avais aucun a priori malgré les rumeurs que j’avais entendues. J’ai donc vu le film, avec l’idée que toute œuvre première peut être interprétée et c’est même là qu’est sa force : je pense, en guise d’exemples, à 2001 : L’Odyssée de l’espace, le chef-d’œuvre de Stanley Kubrick, sorti en 1968, en même temps que le roman d’Arthur C. Clarke – deux versions d’un même projet. Il n’est pas inutile d’en parler, en guise d’hommage, pour montrer la différence avec l’interprétation de Nolan qui aboutit non seulement à un très mauvais film, mais à une trahison d’une œuvre.

Une adaptation cinématographique doit proposer de lire les choses derrière les choses. Il ne s’agit certes pas de suivre pas à pas…

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Le Figaro

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