Un essai clinique mené par des chercheurs de l’université Rutgers dans le New Jersey (Etats-Unis) et dont les résultats ont été publiés ces derniers jours révèle un lien entre le rythme de l’alimentation au quotidien et le développement de maladies cognitives chez les personnes âgées. 

Et si nos heures de repas avaient un impact sur l’apparition ou non de maladies cognitives ? Des chercheurs de l’université Rutgers, située dans le New Jersey, ont mené un essai clinique, publié cette semaine, faisant le lien entre les heures de prise de repas et l’apparition de défaillances cognitives. 

Selon l’étude, limiter les repas et collations à une plage horaire de neuf heures maximum, soit un jeûne intermittent, et éviter de manger durant les quatre heures avant de se coucher peut contribuer à retarder le déclin cognitif chez les personnes âgées

Plus précisément, respecter cette plage horaire d’alimentation serait particulièrement bénéfique pour les femmes âgées et en surpoids, a détaillé le Guardian. «Le simple fait de perdre du poids peut contribuer à prévenir la baisse cognitive chez les personnes âgées», a indiqué Sue Shapses, professeure spécialisée en nutrition à l’université Rutgers, avant d’ajouter qu’il pourrait cependant y avoir des «bienfaits supplémentaires» chez les personnes qui ne s’alimentent que pendant huit à neuf heurs dans la journée, et évitent de diner dans les quatre heures avant d’aller dormir. 

L’importance du respect du rythme circadien

L’essai clinique a été mené sur 47 femmes âgées de 50 à 79 ans, en surpoids ou obèses. Parmi elles, 26 ont reçu comme consigne de ne s’alimenter que pendant huit heures dans la journée, entre 10h et 18h en général, alors que les autres pouvaient manger sur 12 heures. 

Les tests cognitifs effectués à l’issue de l’étude ont révélé que les participantes ayant respecté un jeûne intermittent ont obtenu de meilleurs résultats que les autres. Sue Shapses a déclaré que ces effets étaient «modestes» mais pouvaient effectivement établir un lien entre rythme des repas et capacités cognitives, à l’instar de la mémoire, l’attention et la résolution de problèmes. 

Les chercheurs ont désormais pour objectif de déterminer pourquoi le moment où l’on mange a un tel impact sur la santé. Pour l’instant, les premiers éléments de réponse évoquent un mélange entre le respect du rythme circadien (l’horloge interne), le métabolisme et la régulation du phénomène d’inflammation. 

«L’alimentation sur un créneau horaire restreint est une approche plausible pour favoriser la santé cognitive chez les adultes d’âge mur et les personnes en surpoids. D’abord, parce que ça régule le poids, mais aussi parce que le fait d’éviter les repas copieux tard le soir peut améliorer le contrôle de la glycémie, la fonction vasculaire et réduire l’inflammation», a détaillé Wendy Hall, professeure responsable du département des sciences nutritionnelles de King’s College de Londres. 

Même si ces résultats sont préliminaires, ils devraient être confirmés par des études à plus grande échelle.

D’autres recherches récentes publiées par l’Organisation mondiale de la santé (OM) avaient montré que la moitié des cas de démence pouvaient être évités grâce à une hygiène de vie adaptée et saine.