L’auberge historique de Paul Bocuse s’apprête à
vivre une parenthèse inédite. Dès le 3 août, ce temple de la
gastronomie situé à Collonges-au-Mont-d’Or fermera pendant un mois
afin de moderniser ses cuisines. Ce retour sous les projecteurs
remet aussi en lumière la personnalité haute en couleur du chef
disparu en 2018, dont les confidences sur sa vie amoureuse
continuent de susciter la curiosité.

L’auberge Bocuse prépare sa transformation

Les fidèles de la Maison Bocuse devront
patienter quelques semaines.
Le célèbre établissement, fondé en 1924 puis repris par Paul Bocuse
en 1957, suspendra son activité
jusqu’au 4 septembre. Cette
fermeture est uniquement destinée à des travaux d’embellissement et
de réaménagement des cuisines, afin d’offrir aux équipes des
espaces plus fonctionnels. Parmi les améliorations
prévues
figure notamment le rehaussement des plans de
travail.

La Maison Bocuse a d’ailleurs tenu à rassurer sa clientèle. «
Nous avons hâte de vous faire découvrir ces nouveautés et de
vous retrouver à notre table prochainement. » Les équipes
invitent également les amateurs de haute gastronomie à anticiper
leurs réservations pour la rentrée. Cette adresse mythique,
fréquentée au fil des années par France Gall, Johnny
Hallyday
ou encore Omar Sy, propose
toujours des menus prestigieux, dont le Centenaire en huit temps à
300 euros par personne.

Une personnalité aussi gourmande qu’espiègle

Le nom de Paul Bocuse ne reste pas associé uniquement à la
cuisine. Son humour légendaire fait toujours sourire ceux qui l’ont
côtoyé. Philippe Bouvard racontait notamment que
le chef adorait les plaisanteries. L’histoire des plaques de rue
déplacées a longtemps alimenté les conversations. En réalité, cette
farce n’avait rien d’une habitude quotidienne. Elle remonte au 1er
avril 1972, lorsqu’il organisa une mise en scène avec plusieurs
amis cuisiniers.

Ce jour-là, une plaque fut installée devant le restaurant Léon
de Lyon afin d’attribuer symboliquement à Paul
Lacombe
l’invention de la cervelle de canut. La presse fut
conviée et une cinquantaine d’invités assistèrent à la révélation.
Après quelques instants de surprise, Paul Lacombe comprit qu’il
s’agissait d’un canular. Les protagonistes furent convoqués devant
le maire Louis Pradel. Celui-ci préféra finalement
rire de cette plaisanterie plutôt que de les sanctionner.

Trois femmes, un choix pleinement
assumé

Au fil des années, Paul Bocuse n’a jamais caché son mode de vie
sentimental. Contrairement à certaines affirmations entendues après
sa disparition,
« le Michael Jordan de la cuisine »
n’était pas marié à
trois femmes. Il était légalement uni à Raymonde
depuis 1946. En parallèle, il entretenait aussi des relations
durables avec Raymone, mère de son fils Jérôme,
puis Patricia. Toutes connaissaient l’existence
des autres, une situation qu’il évoquait sans détour.

Le chef revendiquait ouvertement cette organisation peu
conventionnelle
. « J’ai trois étoiles. J’ai eu trois
pontages. Et j’ai toujours trois femmes », déclarait-il avec
son humour habituel. Dans un autre entretien, il plaisantait encore
: « Il y en a une pour le déjeuner, une pour le thé et une pour
le dîner. » Il confiait également au Daily Telegraph
: « J’adore les femmes et nous vivons trop longtemps de nos
jours pour passer une vie entière avec une seule. » Plus tard,
dans sa biographie, il reconnaissait pourtant une part de
regrets
. « Je ne regrette rien, sauf peut-être la
peine que j’ai pu faire aux femmes de ma vie. J’espère qu’elles me
pardonneront. » Une franchise qui participe encore aujourd’hui
à la légende de Monsieur Paul.