Les nouveaux traitements injectables contre l’obésité, tels que Wegovy ou le Mounjaro, suscitent un véritable engouement. Les patients arrivent-ils avec davantage d’attentes qu’auparavant ?
Ces traitements offrent une nouvelle possibilité à des patients en situation d’obésité chez qui les prises en charge classiques avaient échoué. Cela suscite beaucoup d’espoir. Mais les patients sont souvent mal informés sur leur fonctionnement et ont parfois l’impression qu’ils vont résoudre leur problème rapidement. Quand on leur explique leur mécanisme d’action, les bénéfices attendus, les effets indésirables et surtout qu’il s’agit d’un traitement qui s’envisage sur le long terme, leur regard change. Ce n’est pas magique. Il existe aussi une confusion entre les médicaments : l’Ozempic est un traitement du diabète, tandis que les médicaments indiqués contre l’obésité sont le Wegovy et le Mounjaro.
Sur les réseaux sociaux, ces médicaments sont parfois présentés comme une solution simple pour perdre quelques kilos. Sont-ils adaptés aux personnes qui sont en surpoids, mais qui ne souffrent pas d’obésité ? Craignez-vous que cette image crée de fausses attentes ?
Ces traitements sont strictement réservés aux patients présentant une obésité sévère ou associée à des complications, après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle, d’activité physique et psychologique. Ils ne sont pas indiqués pour une personne qui souhaite perdre du poids pour le summer body. Les réseaux sociaux peuvent donner l’impression que ces injections sont des remèdes rapides ou accessibles à tous, alors qu’il s’agit avant tout de traitements sérieux. Le principal enjeu est donc de rétablir une information juste. Quand les patients comprennent le fonctionnement de ces traitements, leurs bénéfices, leurs effets indésirables et surtout qu’ils s’inscrivent dans une prise en charge au long cours, leurs attentes évoluent. Les traitements injectables contre l’obésité ne sont pas de la médecine esthétique.
« La prise en charge doit être globale »
Quels sont les principaux risques et effets secondaires de ces traitements ?
Les plus fréquents sont les troubles digestifs. Environ un patient sur dix arrête la procédure pour cette raison. Mais il existe aussi des risques plus importants, comme la dénutrition ou la perte de masse musculaire lorsque le traitement est prescrit sans accompagnement nutritionnel. Il existe également un risque de pancréatite qui nécessite un bilan médical avant le début des injections sous-cutanées.
Pourquoi insistez-vous autant sur la nécessité d’un accompagnement médical ?
L’obésité est une maladie chronique et multifactorielle. La prise en charge doit être globale. Elle associe un médecin, une diététicienne, un accompagnement psychologique et une activité physique adaptée. Selon les situations, d’autres spécialistes peuvent également intervenir. L’objectif n’est pas seulement de faire perdre du poids, mais aussi d’améliorer la santé globale et de maintenir les résultats dans le temps.