Une crevaison sur un vélo électrique ou un cargo peut rapidement devenir un casse-tête lorsqu’il faut transporter plusieurs dizaines de kilos jusqu’à un atelier. C’est ce constat qui a poussé Alessandro Bracco à lancer Cyclab06. Après avoir perdu son emploi en 2022, il décide de se lancer dans une formation de mécanicien cycle avant de créer son entreprise en 2023. Son idée est toute simple : déplacer l’atelier chez le client. « Il existait beaucoup de magasins de vélo, mais très peu de services de réparation à domicile », explique-t-il. Cyclab06 intervient ainsi aussi bien sur les vélos classiques que sur les vélos électriques, mais s’est aussi progressivement spécialisé dans la réparation des vélos cargo, de plus en plus utilisés. « Peu d’ateliers disposent de suffisamment de place pour les stocker. En travaillant directement chez le client, je n’ai pas cette contrainte », explique Alessandro Bracco. Si une intervention pour une crevaison est par exemple facturée 20 €, des frais de déplacement compris entre 10 et 20 € selon la localisation s’ajoutent à la prestation. Son périmètre d’activité couvre l’ensemble de Nice en optimisant ses tournées afin de limiter les déplacements inutiles.
Miser sur les entreprises
Si le projet ciblait initialement les particuliers, son développement a rapidement pris une autre direction. Sans avoir réalisé la moindre campagne de publicité, Alessandro Bracco a commencé à être contacté par des entreprises cherchant un réparateur capable d’intervenir rapidement sur leurs flottes de vélos. Aujourd’hui, il travaille notamment avec des loueurs, des organisateurs de visites touristiques, un supermarché Carrefour (pour son service de livraison à vélo cargo) et même l’entreprise de location de vélos électriques Pony. Résultat : les professionnels représentent désormais près de 60 % du chiffre d’affaires de Cyclab06, contre 40 % pour les particuliers.
Sept interventions par jour
Une activité qui se développe particulièrement en été. Durant la haute saison, Alessandro Bracco ne prend pratiquement plus de demandes de nouveaux particuliers, pour pouvoir répondre à celles de ses clients réguliers et des entreprises. Il réalise en moyenne six à sept interventions par jour et travaille une dizaine d’heures quotidiennes. Cette croissance pose désormais une nouvelle question : comment continuer à développer l’entreprise ? « Je suis arrivé à la capacité maximale de ce que je peux faire seul », reconnaît le fondateur. Mais il l’avoue, trouver un collaborateur s’avère complexe. Outre les compétences techniques, le métier demande un véritable sens du contact, de l’autonomie, la capacité de travailler toute la journée en extérieur, une bonne maîtrise du français et idéalement de l’anglais. « L’entreprise est aujourd’hui très liée à ma personne, souligne-t-il. C’est une force, mais aussi une limite au développement ».
Deux scénarios pour la suite
À plus long terme, Alessandro Bracco hésite entre deux modèles de développement. Le premier consisterait à ouvrir un atelier physique tout en conservant un service mobile. Le second viserait à rester sur un modèle 100 % itinérant, mais avec plusieurs mécaniciens capables d’intervenir simultanément dans différents quartiers de Nice. « Pour l’instant, je préfère voir comment l’activité évolue avant de prendre une décision », conclut-il.