A l’heure où 3.300 pompiers et 1.470 gendarmes ont été mobilisés en Gironde, la préfète Sophie Brocas a fait savoir, dans une nouvelle prise de parole ce samedi 1er août, que le mégafeu était fixé et que 10.750 habitants vont pouvoir regagner leurs domiciles. 

Les conditions s’améliorent. Après dix jours de lutte, l’incendie survenu en Gironde, et qui a ravagé 42.000 hectares, est désormais «fixé», a annoncé la préfète de la Nouvelle Aquitaine Sophie Brocas ce samedi 1er août dans une nouvelle prise de parole au cours de laquelle plusieurs détails ont été abordés. 

«Le feu est fixé sur le territoire à l’exception de deux points chauds qui restent actifs sur la presqu’île du Cap-Ferret et sur la frange littorale au sud de Lacanau», a-t-elle dit avant de préciser : «Feu fixé ne veut pas dire feu éteint». 

Ainsi, et grâce à la grande mobilisation des pompiers, «on peut aujourd’hui permettre le retour des habitants des communes de Saumos, du Temple, d’Arès et de Marcheprime». Selon la préfète de la Gironde et de la Nouvelle-Aquitaine, ce sont environ 10.750 habitants qui sont autorisés à regagner leurs domiciles. «Cela porte le total des personnes pouvant rentrer chez elles à 208.000 personnes sur les 224.000 que nous avions évacué au plus fort de la crise», a ajouté Sophie Brocas. 

3.300 pompiers mobilisés, dont des européens

«On continue de travailler d’arrache-pied. Ce que nous venons de vivre au cours de ces dix jours d’un épisode absolument inédit en France dû à des conditions météorologiques très défavorables, et je le dis avec une certaine gravité, a conduit à ce que l’Etat tout entier se mobilise, avec le soutien de 13 pays européens, jusqu’aux pompiers ukrainiens qui sont en route aujourd’hui pour venir nous rejoindre», a dit la préfète. 

«C’est la plus grosse opération de lutte contre un incendie dans l’histoire moderne de la sécurité civile. Nous avons mobilisé 3.300 pompiers, c’est du jamais-vu, en plus des 24 moyens aériens dont la moitié vient de pays européens dans le cadre du dispositif de solidarité européenne tel que le fameux A400M qui, pour la première fois de son histoire, a été utilisé en Gironde», a-t-elle poursuivi. 

Pour assurer la sécurité, 1.470 gendarmes, plus de 700 policiers et 1.500 militaires dont 20 détachements de Sentinelle ont été mobilisés dans le département. Fort heureusement, le déploiement de tous ces moyens a empêché le drame. 

«A notre connaissance, à ce stade, il n’y a pas de morts, il n’y a pas de blessés, sauf du côté des sapeurs-pompiers» dont «plus de 330 (sont) pris en charge par les services médicaux», a ajouté la préfète lors de cette même conférence de presse. 

Le courage des agriculteurs salué

Au cours de son intervention, Sophie Brocas a salué l’intervention des entreprises forestières et du BTP «qui ont réalisé l’exploit de construire 164 km de coupes-tactiques, c’est-à-dire des pare-feu (…) c’est un travail considérable et c’est un record». L’apport des agriculteurs a également été déterminant «pour aider les pompiers à recharger leurs véhicules en trois minutes, grâce à leurs camions ou leurs tonnes à eau, pour qu’il n’y ait pas de rupture dans la lutte contre le feu». 

«L’apport des agriculteurs, tout comme leur courage, a été décisif. Ils ont contribué à traiter 240 km de lisière afin de sécuriser le périmètre de l’incendie et d’éteindre les fumerons, soit l’équivalent de la distance entre Bordeaux et Toulouse. Leur intervention a ainsi permis d’accélérer le retour des habitants à leur domicile», a déclaré la préfète de Gironde. 

Sous réserve de nouvelles reconnaissances dans les zones dévastées par les flammes, quelque 240 habitations ont été détruites, les trois quarts sur la commune du Porge, au nord de Lège-Cap-Ferret. Les autorités ont dit désormais vouloir se concentrer sur la nécessaire reconstruction des villages sinistrés et des paysages dévastés par le brasier. De plus, le trafic SNCF, interrompu depuis le 26 juillet au sud de Bordeaux, a repris ce samedi à l’occasion du week-end de chassé-croisé des vacanciers.