C’est Marseille bébé ! La phrase est lâchée par un ado se prenant en selfie au pied de Notre-Dame de la Garde. Un enfant de la cité phocéenne ? Non, l’un des deux millions de touristes visitant chaque année la basilique, dont la vierge dorée domine Marseille (Bouches-du-Rhône) et la Méditerranée. Née du rap, la punchline s’est muée en slogan international pour désigner une atmosphère… qui n’a pas fini d’attirer. En juillet, la ville était en tête des réservations de logements sur Booking, devant Paris.
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Sur le parvis de la Bonne mère, William, 23 ans, un Londonien en vacances avec une dizaine d’amis, s’ébahit devant le panorama. C’est magnifique. On vient à Marseille parce que c’est l’anti-Paris, comme Glasgow par rapport à Londres : une ville alternative, avec ses graffitis, ses coins où boire un verre, dont l’Anglais a eu vent dans un show TV culinaire. Gilles, un Belge de 27 ans, est lui venu chercher l’ambiance du film Taxi et une sorte de nouveau Berlin aux nombreux spots pour chiller. Dior, sa copine, vit à Paris : Enfant, je venais à Marseille, qui n’était pas encore la destination de tous mes amis avec leurs parents ! «
Venus par « passion pour l’OM »
Sur la terrasse arrière de la basilique, Jose, un Espagnol de 22 ans, scrute le stade Vélodrome. Pour sa première en France avec ses parents, il a choisi Marseille par passion pour l’OM. Comme Thomas, 20 ans, supporter de père en fils, qui a roulé huit heures depuis les Ardennes avec sa copine. S’il a pu assister à un match l’été dernier, il se contentera cette fois de visiter le stade, en plus des calanques.
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Venue de Tours avec ses parents, Lily, 17 ans, se balade en autonomie avec des amies marseillaises : Certains médias ne parlent que de saleté et d’agressions. Je ne ressens pas du tout ça. Les gens sont gentils, il y a la mer, les cigales… Je suis fan ! Son programme ? Centre-ville, Mucem, petit train, cathédrale de la Major, pizza-plage… Maxim, un Ukrainien du même âge, est lui en visite chez sa tante : Marseille ? C’est cool !, clame celui à qui les médias avaient dépeint la ville du crime. Accompagnée de sa fille Isleym, maillot du Brest Bretagne Handball sur le dos, Manon vient aussi rendre visite à sa famille, et ce depuis 17 ans : Je trouve que ça s’est un peu dégradé : la pollution, les déchets… On n’a pas ça à Brest ! Ses coups de cœur sont hors du centre : les îles du Frioul, les calanques…

Thomas, 20 ans, « supporter de l’OM de père en fils », a roulé huit heures depuis les Ardennes pour rejoindre Marseille avec sa copine Coralie. Ouest-France
Une étape d’un jour pour certains
D’autres sont là pour la journée. Comme Ingrid, en séjour à La Ciotat. Faire un saut à Marseille était incontournable. Il y a du monde, mais ça ne nous change pas de Bordeaux. Et c’est plus chaleureux que Paris, souligne Loury, débarqué en famille de Corse. Avant de repartir pour l’Aisne, ils vont passer ici deux nuits, avec des projets simples : le Vieux-Port, une dernière baignade… Pour eux, Marseille n’est qu’une étape. Comme pour Jean-François, l’un des 2,6 millions de croisiéristes y faisant escale chaque année. Venu du Canada avec un groupe, il sillonne la Méditerranée en huit jours : C’est notre escale la moins longue, seulement 3 h 30, regrette le père de famille, agréablement surpris par une ville qu’on lui avait promise sale et mal famée : On a laissé bijoux et chaînes sur le bateau.
On en oublierait que la Bonne mère est d’abord un lieu de foi. Comme pour Pauline, une Parisienne de 21 ans en visite dans sa ville natale avec ses nièces de 8 et 10 ans, qui n’y étaient jamais montées. Ce qu’elles en retiennent ? La vue sur la mer !. Sur le parvis, Margaux et Alexandre, venus de Montpellier, sont conquis : Nous avons pu voir la fin de la messe, glisse le second, non-croyant mais envoûté.
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Reviendront-ils ? Je ne pense pas. On aura fait le tour. Du moins, le tour du centre-ville, où se concentre le tourisme, à l’image des petites rues du Panier. Même sentiment chez Pauline : Après la plage et la Bonne mère, il y a peu de choses à faire avec des enfants, à part la réplique de la grotte Cosquer ou le Mucem. Paris est plus enrichissant !, conclut la Marseillaise de naissance.
On va à la mer ?, questionne un enfant grimpant avec ses parents dans le petit train touristique. Tarif : 4 € par personne pour gagner le Vieux-Port, contre 1,70 € en bus, dont l’arrêt est caché plus loin.