Depuis la fin de la crise sanitaire, le chemin de halage a des allures d‘autoroute douce. À 42 kilomètres de Rennes, par le chemin de halage en suivant les flots (contre 25 par la route nationale), l’étape d’Hédé-Bazouges est devenue un incontournable pour les familles.

Installée depuis 2013 dans l’ancienne maison éclusière de la Petite Madeleine, Catherine Saint-James, patronne de la guinguette l’Ille Flottante, est aux premières loges. « Depuis 2020, on observe un vrai boom du vélo. Les gens cherchent des itinéraires plats et sécurisés », constate-t-elle. Devant son établissement, une grand-mère et ses deux petits-enfants de 9 et 12 ans s’apprêtent à enfourcher les vélos pour leur deuxième jour de périple. « Objectif : Mont-Saint-Michel dans quatre jours ! », sourit la Rennaise de passage. « Partir à vélo et pouvoir dormir dans un voilier hollandais ou une pénichette ici, au milieu des écluses, c’est une aventure fabuleuse pour eux. »

L’eau du canal, apaisée par la succession d’écluses tous les 200 mètres, reflète le feuillage environnant. Par endroits, le lit du canal se parcourt de nénuphars, de lentilles d’eau et de plantes aquatiques.L’eau du canal, apaisée par la succession d’écluses tous les 200 mètres, reflète le feuillage environnant. Par endroits, le lit du canal se parcourt de nénuphars, de lentilles d’eau et de plantes aquatiques. (Le Télégramme/Claire Staes)

L’attrait pour cet escalier d’eau monumental (27 mètres de dénivelé sur 1,8 km) profite directement à la Maison du Canal, située à l’écluse de la Madeleine. Le musée, dont la scénographie a été repensée en avril, attire entre 8 et 9 000 visiteurs par an.

Une institution locale qui fêtera ses 30 ans le vendredi 2 août prochain, avec une journée de festivités gratuites. Au programme de cet anniversaire : chants marins, balades cyclo-commentées, contes locaux et ouverture exceptionnelle de la maison éclusière de la Malabrie.

Un château en ruine domine la vallée

Mais le site attire bien au-delà de la clientèle de proximité. Ce mardi après-midi, Nils et Vera, un couple de sexagénaires suédois, poussent la porte du musée pour dénicher un circuit de randonnée. Les agents les orientent vers les étangs de Hédé et de Bazouges. Des plans d’eau créés au XIXe siècle pour alimenter le canal voulu par Napoléon Ier, devenus aujourd’hui des réserves de biodiversité prisées des marcheurs. « On espère voir des oiseaux, on a nos jumelles. »

Le canal est bordé de grands arbres (chênes, peupliers, saules pleureurs et frênes) qui projettent de l’ombre sur les anciens chemins de halage.Le canal est bordé de grands arbres (chênes, peupliers, saules pleureurs et frênes) qui projettent de l’ombre sur les anciens chemins de halage. (Le Télégramme/Claire Staes)

Pour les moins pressés, l‘étape s’achève souvent par une grimpette jusqu’au bourg d’Hédé. Perché sur son promontoire, il abrite les ruines majestueuses d’un château du XIe siècle, démantelé sur ordre d’Henri IV. Un pan d’histoire qui veille toujours fièrement sur la vallée. La balade dans le bourg vaut aussi le coup d’œil. Les rues sont bordées de maisons traditionnelles de Haute-Bretagne : façades en pierre apparente (schiste et granit) surmontées de toitures en ardoise. De nombreuses bâtisses sont fleuries (glycines, hortensias, rosiers grimpants) ou ornées de volets colorés qui contrastent avec la sévérité de la pierre. Les rues étroites renforcent ce sentiment d’intimité et d’authenticité. Presque un décor de film.