Il a fallu attendre d’être chez les horlogers pour que le Tour de France femmes s’élance « en retard ». Désormais, une semaine sépare la course masculine de sa « petite sœur » pour donner sa vraie place à cet événement qui, l’an passé, n’a eu de cesse de nous enthousiasmer de la Bretagne jusqu’aux Alpes, avec le succès de Pauline Ferrand-Prévot.

Lausanne s’éveille

Ville de sport, ville de vélo (il n’y a qu’à constater la notion de partage de la route et sa mise en pratique…), ville d’histoire de l’olympisme… Lausanne, ses rues au dénivelé vecteur de sueur, s’éveille gentiment à la Grande Boucle féminine. Avec, sans doute, une ferveur moindre en comparaison du défilé vannetais de l’an dernier. Certes, cette année, le Tour femmes s’élance avec une semaine de décalage avec la fin de celui des hommes.

Un duel annoncé…

Bien qu’invisible depuis la Vuelta, Pauline Ferrand-Prévot (Visma-Lease a bike) arrive avec l’étiquette de favorite. Forte de son succès de l’an dernier, la Rémoise est arrivée à Lausanne avec un objectif clair : le maillot jaune, au terme d’une préparation millimétrée.

Mais peut-être plus encore que l’an dernier, on lui promet une lutte acharnée pour aller chercher la victoire finale. Notamment face à Demi Vollering (FDJ United-SUEZ). La Néerlandaise, victorieuse en 2023, s’est montrée impitoyable sur la première partie de saison, avec des succès sur tous les terrains.

… et des outsiders toujours plus nombreuses

Derrière ces deux favorites, le plateau n’a jamais semblé aussi garni depuis la renaissance de l’épreuve. À commencer par Paula Blasi, victorieuse de la Vuelta en mai dernier. Elle aura à ses côtés une équipe UAE Team L’IMAD redoutable, avec l’Italienne Elisa Longo Borghini, ou encore la Polonaise Dominika Wlodarczyk, quatrième l’an passé.

Marlen Reusser (Movistar), elle, sera sans doute inspirée par ce départ dans son pays. Après une lourde chute sur le Tour des Flandres, elle revient en grande forme. Kasia Niewiadoma (Canyon//SRAM), sacrée en 2024, sera également présente, au même titre qu’Anna van der Breggen (SD Worx – Protime), passée tout proche à la fois sur la Vuelta et sur le Giro cette saison.

Des pièges partout, tout le temps

Depuis la renaissance du Tour de France femmes, ASO n’a cessé de faire monter le curseur. Cette édition 2026 ressemble à un medley de toutes les « vacheries » qu’on puisse imposer : des premières étapes usantes et piégeuses ; un chrono de Dijon sur lequel une partie du peloton avance avec incertitude (dont Pauline Ferrand-Prévot) ; un Ventoux qui, s’il est escaladé (si la crainte des feux de forêt s’éloigne), se présente à la fois comme le toit du Tour et son épouvantail.

Jamais, une édition n’aura été aussi montagneuse (18 775 mètres de dénivelé, un record), aussi pêchue. Jamais aussi, elle n’a semblé pouvoir sourire au profil d’une coureuse complète. Seul bémol : la diète relative imposée aux sprinteuses. Les organisateurs considèrent qu’il y a du spectacle uniquement quand il y a des étapes de montagne. Ce n’est pas toujours vrai », certifie Roxane Fournier, consultante pour Eurosport et directrice sportive chez Saint-Michel – Preference Home – Auber 93.