Par
Ludivine Caporal
Publié le
1 août 2026 à 7h08
Déjà trois canicules à Lyon, sans compter l’importante vague de chaleur qui a déferlé sur la ville au mois de mai. Un été plus qu’étouffant qui, pour certains habitants, est « celui de trop ». Malgré leur amour pour la capitale des Gaules, ils sont aujourd’hui nombreux à penser la quitter pour aller trouver un peu plus de fraîcheur ailleurs, encouragés par ceux ayant déjà franchi le cap.
« Cette année, c’est vraiment horrible »
Arrivée à Lyon pour raisons professionnelles, Margareta n’a finalement connu rien d’autre que des étés caniculaires depuis son installation ici, en 2021.
Si les épisodes de fortes chaleurs ont tous été intenses, leurs durées, plus courtes qu’aujourd’hui, avaient jusqu’ici permis à la quinquagénaire originaire de Roumanie de vivre « normalement » et de ne pas trop se poser de questions. Mais sa situation a totalement changé en 2026.
« Dès la première vague, je me suis dit ok, c’est fini. Je souffre trop », confie celle qui avoue également être « peu tolérante à la chaleur ».
Cette année, c’est vraiment horrible. J’ai dû adapter mes horaires de travail, quitter mon logement pour aller dans des endroits frais jusqu’à 20/21h. Mon propriétaire n’est pas d’accord pour installer une clim et c’est impossible d’en trouver une portable. C’est limite cruel de laisser les gens comme ça. Je dois dire que ça m’a beaucoup affectée, je me suis retrouvée très déprimée.
Margareta
Le nord de la France comme terre d’asile ?
Partir, d’accord, mais pour aller où lorsqu’on sait qu’aucun lieu n’est réellement épargné par le réchauffement climatique ? À la campagne ? À la mer ? Dans un autre pays ?
« J’ai pensé à retourner vivre chez moi, dans les montagnes en Roumanie. J’aurais sans doute de meilleures conditions de vie qu’en louant une bouilloire thermique en plein centre-ville de Lyon », lâche sans détour Margareta.
« Mais c’est un peu radical sachant que j’ai fait toutes les démarches pour m’installer en France. Pour l’instant, j’ai mis des alertes immobilières et je regarde dans des villes plus au nord type Strasbourg, Lille… Pourquoi pas la Belgique, aussi… », énumère-t-elle alors qu’elle réfléchit encore à son projet.
Les « Lyonnais d’adoption » plus enclins à partir
Ce sont finalement davantage des « Lyonnais d’adoption », comme Margareta, qui pensent plus naturellement à partir, ceux ayant construit toute leur vie ici avec la présence de leur famille ou de leurs amis proches considérant plus difficilement cette option malgré les canicules à répétition.
« On est à Lyon depuis deux ans. L’année dernière était encore supportable, mais là on a vraiment souffert. Après avoir bien réfléchi, on envisage donc de partir car on a de jeunes enfants et vivre enfermés de mai à août n’est pas très agréable. On adore la ville, mais malheureusement le climat n’est pas tenable », confie de son côté une jeune maman expatriée.
Troquer son appartement à Lyon contre une maison à la campagne
Christine, elle, a déjà fait le choix de s’éloigner de la ville avec son mari et ses deux enfants après deux étés passés à Lyon. Et elle ne reviendrait en arrière pour rien au monde.
« On a acheté une maison en Isère dernièrement. Si on a connu plus ou moins la même canicule que les autres, ici on a pu installer la climatisation, profiter de notre piscine et de notre jardin. Il fait 17 degrés le matin même lors des journées les plus chaudes car les températures redescendent la nuit… », témoigne celle qui est aussi originaire de Roumanie, et pour qui le fait d’avoir des enfants en bas âge a justement largement pesé dans la balance.
Il faut dire que même les parents lyonnais les plus enracinés tendent aujourd’hui à quitter la ville pour offrir de meilleures conditions de vie à leur progéniture, qu’il s’agisse de problématiques liées au climat ou à l’insécurité…
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