Réseau trouble – Le fondateur de Telegram est recherché en Russie pour « complicité de terrorisme ». Une nouvelle offensive de Moscou contre le réseau, qui révèle aussi les zones d’ombre de Durov qui aime à se présenter comme un dissident

Wanted : Pavel Durov. En Russie, le fondateur et patron de Telegram est désormais recherché pour « complicité de terrorisme ». Les autorités russes accusent la plateforme d’être instrumentalisée par Kiev. Selon Moscou, les services secrets ukrainiens s’en serviraient pour orchestrer des actions de sabotage sur le territoire russe.

« Le reproche est très précis. D’après le FSB [les services de sécurité russes], Telegram n’aurait pas supprimé des chaînes, groupes et bots qui auraient servi aux services ukrainiens à recruter des jeunes russes entre 12 et 22 ans pour des sabotages, incendies et attaques menés sur le sol russe. C’est à prendre avec un kilo de sel de Guérande, mais dans ce scénario, le FSB est dans son rôle de protection de la patrie », souligne Rayna Stamboliyska, fondatrice de RS Strategy et spécialiste de la cybersécurité. Pavel Durov a d’ailleurs été mis en examen en 2024 par la France, qui l’accuse de ne pas agir contre la diffusion de contenus criminels sur Telegram.

Sur le « cheval blanc » de la liberté d’expression

Mais la chasse à l’homme engagée par le FSB interroge, si on se penche sur le parcours de Pavel Durov. Selon lui, ce mandat a été émis pour le punir d’avoir refusé de se plier aux exigences du Kremlin en matière de « surveillance de masse » et de « censure ». Un argument qu’il a déjà présenté. En 2006, il crée VKontakte (VK), le « Facebook russe », dont il est évincé en 2014 après avoir refusé de livrer les données d’opposants ukrainiens. Exilé, (…)

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