Quarante ans
après le Salon de Genève 1986, une Aston Martin V8 Vantage Zagato
quasi neuve passe entre les mains de Nicholas Mee & Co. Restomodée
dans l’esprit des versions Works 482 ch, elle interroge la
frontière entre authenticité et performance.
Il y a des supercars qui peuplent tous les salons, et d’autres
qu’on ne croise qu’une fois dans une vie. Avec seulement 52 coupés
construits, l’Aston
Martin V8 Vantage Zagato fait clairement partie de
cette seconde catégorie. Née en 1986 de l’alliance entre Gaydon et
le carrossier italien Zagato, elle alignait déjà
plus de 430 ch. Son V8 5,3 litres lui offrait des performances de
premier plan, dignes des meilleures GT des années 80. Quarante ans
plus tard, certains spécialistes visent désormais la barre des
482 ch avec ce V8.
C’est le cas de Nicholas Mee & Co, atelier britannique
spécialisé dans Aston Martin. Il propose aujourd’hui cet exemplaire
à la vente. La voiture qu’il met en avant est une V8
Vantage Zagato rouge immaculée, avec 960 km et un état
clinique. Construite en novembre 1987 et immatriculée en janvier
1990, cette sportive a ensuite été entièrement restaurée. Une base
parfaite pour montrer ce que peut devenir une Aston Martin
V8 Vantage Zagato avec un
restomod soigné. Et derrière la référence des 482
ch, une question revient : jusqu’où moderniser sans trahir
l’esprit d’origine ?
Une Aston Martin V8 Vantage Zagato taillée pour les années
80
La V8 Vantage Zagato a fait ses débuts au Salon
de Genève 1986, en héritière de la DB4 GT Zagato. Pour l’occasion,
Aston Martin a raccourci le châssis de la V8 Vantage. Zagato a
ensuite dessiné une carrosserie en alliage léger, mise au point en
soufflerie. Les lignes sont très ramassées, et le travail en
soufflerie offre un profil plus glissant que la V8 classique.

Les vitres affleurantes et les appendices aérodynamiques sur la
coque tranchent avec le style plus massif des Aston de l’époque.
L’habitacle perd ses sièges arrière et se concentre sur deux
baquets, le strict nécessaire et beaucoup de cuir. Au total, la V8
Vantage Zagato gagne environ 250 kg par rapport à la V8 Vantage
standard. Cette cure d’amaigrissement transforme une grande GT en
sportive beaucoup plus réactive, idéale pour justifier un travail
de restomod poussé.
Du V8 de 432 ch aux 482 ch des préparations Aston Martin
Works
Sous le capot, la V8 Vantage Zagato reprend le
V8 5,3 litres de la V8 Vantage. En configuration la plus sportive,
ce V8 à carburateurs développe environ 432 ch et 556 Nm de couple.
La puissance passe aux roues arrière par une boîte mécanique ZF à
cinq rapports, avec grille inversée dite dog-leg. La voiture passe
de 0 à 100 km/h en moins de 5 secondes et atteint environ 300 km/h.
Sur le papier, elle se rapproche déjà des Ferrari 288 GTO et
Porsche 959.
Aston Martin Works Service est allé plus loin en développant une
préparation compétition portée à près de 482 ch. Le V8 5,3 litres
reçoit alors une spécification dite 580XR, avec une injection Weber
Alpha à la place des carburateurs. Dans cette configuration, les
chiffres évoquent environ 482 ch à 7 000 tr/min et un couple proche
de 558 Nm. Le châssis suit, avec un poids ramené à 1 485 kg, des
amortisseurs Koni réglables et des freins AP Racing. Une seule V8
Vantage Zagato de ce type a été construite pour la course par Aston
Martin Works Service. Elle a notamment appartenu à l’acteur Rowan
Atkinson, avant d’être reconfigurée pour un usage routier rapide.
Pour beaucoup d’amateurs, 482 ch représente le plafond emblématique
de
ce V8 sur route.
Le restomod Nicholas Mee : une V8 Vantage Zagato clinique mais
prête à rouler
L’exemplaire mis en avant par Nicholas Mee & Co a été construit
en novembre 1987 et immatriculé en janvier 1990. C’est un coupé
rouge immaculé, avec seulement 960 km au compteur et un habitacle
en cuir Connolly impeccable. « Nous l’avons rachetée à son précédent
propriétaire en début d’année », explique Nicholas Mee à Turbo. « une
restauration complète et minutieuse, sans contrainte budgétaire, en
y apportant quelques améliorations discrètes et harmonieuses ».
La suspension a reçu des silentblocs neufs, et freins,
direction, alimentation et fluides ont été entièrement révisés.
Quelques améliorations plus modernes complètent le tableau, comme
un échappement sport, des
pneus Michelin Pilot Sport et une climatisation renforcée.
Malgré cela, la voiture conserve tous ses accessoires d’origine,
manuel, trousse à outils et double de clés compris. L’atelier
ajoute une garantie de douze mois, tandis que le prix de vente
reste confidentiel. La puissance exacte de cet exemplaire n’est pas
publiée. Aucune précision n’est donnée à ce sujet. On sait en
revanche que certaines préparations Aston Martin Works montent
jusqu’à 482 ch avec ce V8. Le restomod signé Nicholas Mee suit
cette idée, en rendant la voiture plus exploitable sur route sans
trahir son caractère.