Le vaste feu qui ravage la région bordelaise, en France, restait maîtrisé dimanche, mais continuait de brûler, alors qu’à des centaines de kilomètres de là, un autre incendie plus récent, en Provence, avait cessé de progresser pendant la nuit, mais n’était pas encore maîtrisé.
Environ 3000 pompiers restaient déployés sur les deux fronts, s’employant à éteindre les foyers résiduels, à creuser des pare-feu et à sécuriser les zones de forêt brûlées, alors que les températures élevées et le vent menaçaient de raviver les braises encore incandescentes.
L’incendie de la Gironde a ravagé environ 420 kilomètres carrés en seulement 10 jours avant que les autorités ne déclarent, ce week-end, que sa progression était stoppée.
La région restait soumise à l’alerte rouge, le niveau d’alerte le plus élevé en matière d’incendie de forêt en France.
La sécheresse et la hausse des températures à Bordeaux, associées aux vents de l’après-midi, risquaient de raviver les flammes.
Des pompiers supplémentaires venus d’Ukraine, de Lituanie et de Polynésie française étaient attendus dimanche et lundi pour renforcer les opérations.
Le changement climatique d’origine humaine a doublé les risques de conditions extrêmes propices aux incendies en France, ont calculé jeudi des scientifiques de World Weather Attribution dans une analyse rapide, réalisée alors que les feux faisaient encore rage.
L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde, avec des températures augmentant deux fois plus vite que la moyenne mondiale depuis les années 1980, selon le service Copernicus sur le changement climatique de l’Union européenne.
L’incendie de Gironde a donné lieu à l’une des plus grandes évacuations en temps de paix de l’histoire moderne de la France. Plusieurs milliers de personnes sont restées déplacées ou dans l’impossibilité de regagner leur domicile.
Dans le département du Var, au sud-est, près de 1500 pompiers luttaient quant à eux contre un autre incendie qui a ravagé environ 18 kilomètres carrés en un peu plus d’une journée.
Les autorités ont indiqué que l’incendie dans les collines du Gros Bessillon s’était stabilisé dimanche matin, ce qui signifie que son périmètre ne s’était pas étendu pendant la nuit. Mais contrairement à l’incendie de la Gironde, il n’avait pas encore été déclaré maîtrisé.
Des avions de lutte contre les incendies ont apporté leur soutien aux équipes qui s’efforçaient d’éloigner les flammes des villages nichés au milieu des vignobles, des oliveraies et des collines boisées de cette région connue sous le nom de «Provence verte».
Environ 2500 personnes ont été évacuées alors que l’incendie menaçait les localités.
Cet incendie était le quatrième incendie majeur à frapper le centre du Var depuis le 19 juillet.
Un autre incendie, plus modeste, survenu près de Brignoles en début de semaine, avait contraint la vedette hollywoodienne George Clooney et sa famille, ainsi qu’environ 700 autres habitants, à évacuer avant qu’il ne soit maîtrisé.
Le premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré que les feux de forêt en France étaient globalement maîtrisés, mais a averti que la situation restait très instable.
M. Lecornu a également annoncé la nomination d’un coordinateur national chargé de superviser la reconstruction dans les zones ravagées par les incendies.
Plus de 1170 kilomètres carrés ont brûlé à travers la France depuis le début de l’année.
Thomas Adamson et Nicolas Garriga, The Associated Press