Ce 31 juillet, bonne nouvelle pour 63 entreprises directement impactées, du 8 au 13 juin 2025, par l’organisation de la conférence UNOC 3 sur les océans à Nice. Après 14 mois d’attente, elles ont reçu l’espéré « protocole transactionnel sur indemnités définitives » des services de l’Etat, ouvrant droit à des indemnités, validées depuis avril, pour compenser la perte ou la baisse de chiffre d’affaires provoquée par une conférence aux mesures de sécurité élargies. « Il y a eu deux cas de figure, les entreprises fermées d’entrée, qui s’y étaient préparées en amont (notamment sur les quais proches d’OcéaNice, ndlr), avec un fonds d’indemnisation dédié déjà prévu, et celles qui, au dernier moment, ont appris que par décision onusienne de sécurité, elles subiraient des restrictions auxquelles elles ne s’attendaient pas », détaille Christophe Souques, à la tête du Ma Nolan’s Nice Port, Quai des Deux-Emmanuels.

indemnisations post unoc a nice pour certains commerces ca n a pas ete facile 2 1

« Certaines ont perdu la totalité de leur chiffre d’affaires, faute d’accès pendant la conférence ». Des affaires prévenues au dernier moment, et qui parfois, elles, avaient anticipé, notamment côté stocks ou renforcement du staff. C’était le cas de Christophe Souques. « Heureusement pour moi, avec plusieurs établissements sur Nice, j’ai pu réorienter mon stock supplémentaire et même les effectifs. Mais il n’empêche, du 8 au 13 juin, j’ai perdu 26.000 euros de chiffre d’affaires par rapport à la même période en 2024. »

indemnisations post unoc a nice pour certains commerces ca n a pas ete facile 3 1

Des répercussions hors périmètre d’indemnisation

« Ça n’a duré qu’une semaine, mais c’est bien suffisant pour mettre à mal une trésorerie, souligne le président de l’UMIH Restauration Nice Côte d’Azur. Plus de 80 % des établissements du quartier du Port ont dû emprunter ou demander des échelonnements de paiement à l’Urssaf. Pour beaucoup d’entre nous, il a aussi fallu différer les règlements de nos fournisseurs, qui ont été particulièrement compréhensifs. » D’où une entrée dans la saison hivernale un peu compliquée, bien au-delà des 63 entreprises officiellement indemnisées. « On a sauvé les meubles, mais pour nous tous, le coup a été rude, avec des répercussions sur les chiffres d’affaires jusqu’à la place Garibaldi à cause des restrictions drastiques de circulation imposées en dernière minute. » Christophe Souques évoque aussi les commerces du boulevard Stalingrad. Eux non plus ne seront pas indemnisés.

14 mois d’attente

Autre interrogation, et handicap pour les enseignes les plus sévèrement touchées, le temps écoulé entre l’événement -donc les pertes sèches- et l’indemnisation. Le préfet Moutouh, en poste au moment de l’UNOC, parlait d’une enveloppe de 3 M€, qui dans un deuxième temps s’était semble-t-il « égarée » jusqu’à ce 31 juillet, bloquant de fait les versements attendus. « Pourtant, nous avions tout renvoyé aux services de l’Etat. Pour être indemnisés, il fallait bien sûr justifier, expert-comptable à l’appui, d’une perte de chiffre d’affaires, totale ou partielle. » Une situation qui a mis en difficulté la grande majorité des établissements concernés jusqu’à fin 2025. En retrouvant l’enveloppe mystère, même allégée de 500.000€, le nouveau préfet Girier a marqué des points. Les entreprises, elles, ne crieront victoire qu’à réception réelle des indemnisations, « d’ici le 15 août j’espère », souffle Christophe Souques.