Ça n’arrête pas. Ce matin encore, trois hommes sont en garde à vue pour ça.

C’était lundi 27 juillet, au commissariat central de Nantes. Au cours de la nuit, trois appels avaient encore été passés au 17 pour signaler des conjoints violents. Deux avaient la trentaine. Le dernier était âgé de 24 ans. Ni le chiffre, ni les âges ne sont inhabituels. C’est tous les jours ou presque, soupire-t-on dans les couloirs de l’hôtel de police.

Dans les campagnes et dans les villes de plus petite taille, la question appelle les mêmes réponses. Oui, il y a beaucoup de violences au sein du couple l’été, observe un gendarme en poste au nord de Nantes. Il y en a peut-être même davantage. Il y a l’alcool… et puis les esprits s’échauffent peut-être plus facilement et plus vite quand il fait chaud.

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Un homme jugé par jour ou presque

Les rôles des audiences de comparution immédiate, chaque jour affichés à l’intérieur du tribunal judiciaire, ne disent pas autre chose. Ces dernières semaines, les affaires de violences sur conjoint y apparaissent quotidiennement, ou presque. Et n’oublions pas que cela vient s’ajouter aux deux audiences hebdomadaires créées afin de juger tout spécialement ces dossiers, rappelle un familier du tribunal.

Prenons la semaine passée. Après que l’homme ayant frappé sa femme avec un maillet de cuisine a été jugé, un autre l’a été pour avoir, lui aussi, porté des coups à sa compagne. Le lendemain, ils étaient plusieurs. Cette semaine, à Nantes, la moitié des affaires figurant aux rôles, au moins, concernent des violences habituelles ou aggravées, des menaces, des violations de domicile…

Les cent téléphones grave danger utilisés

Au sein de l’association Solidarité femmes, les appels sont toujours nombreux, en cette fin juillet. Le domicile est, par définition, l’espace des violences conjugales, rappelle Catherine Vignaud, la directrice. Rester enfermée avec son conjoint, notamment lorsqu’il fait chaud, peut accroître le risque.

Au 28 juillet, 1 000 appels avaient déjà été reçus par l’association et 1 700 passages enregistrés sur les sites de Nantes et Saint-Nazaire, depuis le début de l’année. Parmi les femmes s’étant déplacées, entre 500 et 600 n’étaient pas connues de l’association, observe la directrice. Au bout du fil, 80 % des appelantes n’avaient jamais été en relation avec Solidarité femmes. Autre constat : les femmes hébergées se trouvent souvent dans des situations de grande précarité sociale.

Au 28 juillet, en Loire-Atlantique, les cent téléphones grave danger (TGD) – assurant une protection pour les femmes victimes de violences – disponibles dans le département, sur les ressorts des juridictions de Nantes (70) et de Saint-Nazaire (30), étaient tous utilisés.

Pour mémoire, il y a un peu plus de dix ans, en 2015, seuls cinq TGD étaient disponibles (et attribués) dans le département.