L’opération vise à garantir le refroidissement de l’unique centrale nucléaire du pays.

Les forces navales roumaines ont annoncé avoir procédé à une «explosion contrôlée» dans le lit du Danube afin de tenter de relever le niveau d’un de ses bras, et d’assurer l’alimentation en eau de la centrale nucléaire de Cernavoda. Selon le communiqué, des plongeurs démineurs et des spécialistes de la 10e brigade du génie ont déclenché une charge explosive de forte puissance, dans le cadre d’une opération mobilisant plus de cent militaires et plusieurs engins pour dévier le cours du fleuve vers le site nucléaire. Les autorités expliquent qu’une telle mesure est nécessaire, car un bloc rocheux de taille exceptionnelle obstrue le cours du Danube, empêchant l’eau d’atteindre la centrale de Cernavoda.

Cette intervention spectaculaire intervient alors que le Danube atteint des niveaux historiquement bas sous l’effet de la chaleur extrême et de la sécheresse, fragilisant la production nucléaire en Roumanie mais aussi en Hongrie. Les centrales qui utilisent les eaux du fleuve pour le refroidissement, comme Cernavoda en Roumanie ou Paks en Hongrie, ont déjà dû réduire fortement leur puissance voire arrêter complètement des réacteurs, accroissant la pression sur les réseaux électriques nationaux et la dépendance aux importations d’électricité.


Passer la publicité

À l’inverse, la Bulgarie assure que sa centrale nucléaire de Kozlodouï continue de fonctionner «à pleine charge», selon le ministère de l’Énergie, malgré le Danube au plus bas.

Les centrales nucléaires qui bordent le Danube restituent la quasi-totalité de l’eau des fleuves qu’elles prélèvent, mais elles la rejettent plus chaude. Quand le niveau du cours d’eau est bas et la température élevée, les marges de manœuvre se réduisent et les exploitants sont contraints de diminuer la production ou de mettre les réacteurs à l’arrêt faute de débit suffisant ou pour respecter les limites environnementales.