Produits périmés depuis des années, étiquettes trafiquées et viandes mal stockées… La sanction est tombée à La Courneuve. Entre le 2 et le 10 juillet, le préfet de Seine-Saint-Denis a ordonné la fermeture administrative de 17 établissements sur la trentaine contrôlée, dont 16 situés sur la seule avenue Paul-Vaillant-Couturier, selon Le Parisien. Menée par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), avec l’appui de Bureau Veritas, cette campagne d’inspection ciblait des fast-foods, des hôtels, des boulangeries, des bazars ou encore des restaurants de kebab. Toutes sortes de commerces jusque-là épargnés.

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L’un des restaurateurs de l’avenue, visé par un arrêté préfectoral de fermeture, a évoqué une panne de ses équipements frigorifiques survenue en pleine canicule. Mais les inspecteurs y ont également relevé des « traces de nuisibles dans l’établissement ». L’arrêté souligne qu’« il est également attesté que les salariés utilisent du matériel sale et souillé, situation favorisant la contamination des produits alimentaires par des germes pathogènes ».

Face à l’ampleur de cette campagne, le maire Aly Diouara (LFI), élu en mars 2026, a dénoncé une cabale politique. Selon lui, aucune des trente-neuf communes du département n’avait jusqu’alors connu une opération de contrôle d’une telle ampleur. Pour rappel, l’élu n’avait pas caché son hostilité envers les forces de l’ordre, écrivant quelques mois plus tôt sur X : « LA POLICE TUE ! Et elle tue souvent les mêmes. Par choix, par racisme et par nostalgie coloniale. »

1 564 contrôles sanitaires

Hélène Arisan, présidente de l’association des commerçants des Quatre-Routes, un quartier de La Courneuve régulièrement confronté à des problèmes de trafic de stupéfiants et de délinquance, s’est étonnée de « la méthode, l’ampleur des contrôles et leur concentration sur un même secteur en peu de temps. En une dizaine de jours, il y a eu des contrôles successifs et des fermetures aussitôt ». Interrogée, la préfecture de Seine-Saint-Denis a répondu que « la commune ne fait l’objet d’aucun ciblage spécifique » puis, le 24 juillet, a précisé que 15 commerces sanctionnés avaient effectué les mises en conformité nécessaires et avaient pu rouvrir leurs portes.

Sur les groupes Facebook de la ville, les fermetures ont été plutôt bien accueillies. « Est-ce que la municipalité va réfléchir correctement et accorder des autorisations à de vrais commerçants honnêtes et respectueux de l’hygiène ? », s’interroge une habitante engagée pour sa ville. « C’est simple, je suis contraint de me rendre à Paris, à Drancy ou à Saint-Denis pour faire de vraies courses. C’est une excellente initiative de fermer ces commerces insalubres et d’éviter de réattribuer les locaux à n’importe qui », peut-on lire en commentaire. « C’est très bien, parce que ces petits bouibouis ouverts servent à blanchir l’argent de trafics », rétorque une autre.

L’épisode de La Courneuve n’est pas isolé. Depuis le début de l’année, 1 564 contrôles sanitaires ont été réalisés en Seine-Saint-Denis, débouchant sur 183 fermetures administratives. Reste à savoir si la méthode, jugée par certains trop concentrée et trop rapide à La Courneuve, sera utilisée dans d’autres villes.

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