L’Allemagne compte, sur ses quelque 83 millions d’habitants, 5,5 millions de survivantes et survivants du cancer. Pour ces personnes, cette mention dans le dossier médical demeure un handicap sérieux, même des années après la guérison. Elle conduit à des refus ou de moins bonnes conditions pour des assurances ou des prêts, peut empêcher une embauche dans la fonction publique ou une adoption. Le parti social-démocrate, partenaire de gouvernement du conservateur Friedrich Merz, veut que l’Allemagne introduise un droit à l’oubli pour toutes ces situations, à l’instar de neuf autres pays européens. La France a montré la voie à partir de 2017 avec la convention Aeras pour la souscription d’une assurance emprunteur. Le délai post-rémission fixé d’abord à dix ans a été ramené à cinq ans par la loi Lemoine en 2022, qui a aussi étendu le principe à d’autres maladies comme l’hépatite C.

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« Des protocoles volontaires appliqués par certaines compagnies d’assurance ne suffisent pas. Un délai de cinq ans, selon le modèle français, nous paraît être un cadre pertinent », indique le SPD dans une motion votée par sa direction fin juillet. Le parti de gouvernement veut rendre ce droit à l’oubli pour le cancer opposable devant les tribunaux et doté de délais actualisés selon les progrès de la médecine, s’inspirant ici des pratiques en Belgique et au Luxembourg.