L’acteur français est au cœur d’une bataille judiciaire depuis l’automne 2025 contre un vidéaste anonyme qui a publié des dizaines de vidéos où la voix du comédien récite des textes philosophiques.
Début juin, dans Le Répondeur, Denis Podalydès engageait un imitateur pour répondre à ses coups de fil. À nouveau, sa voix est au cœur d’une intrigue. Mais cette fois, il s’agit d’une affaire judiciaire bien réelle impliquant un délit d’usurpation d’identité. Comme révélé dans les colonnes du Monde, l’acteur français a saisi la justice après avoir identifié, sur le Net, des dizaines de vidéos dites « deepfakes », utilisant sans aucun consentement son timbre vocal.
Début juillet, le sociétaire de la Comédie-Française a demandé à un juge du tribunal de Paris qu’il récupère auprès de Google, la maison mère de YouTube, toutes les informations susceptibles d’aider à l’identification du créateur de la chaîne YouTube en question. Cette dernière, baptisée « Voix Philosophiques », cumulait plus de 110 000 abonnés avant sa mystérieuse fermeture en février dernier. Plus de 70 vidéos monétisées y étaient publiées dans lesquelles la voix de Denis Podalydès récitait les textes de Friedrich Nietzsche, Neil Postman et Emil Cioran.
Deux plaintes déposées
Le comédien a appris l’existence de cette chaîne à l’automne 2025, lorsque sa cousine l’a informé que des vidéos sur le développement personnel, avec sa voix, circulaient sur YouTube, indique France Info. Il a alors contacté l’Adami, la société qui gère les droits des artistes interprètes, pour savoir ce qu’il pouvait faire. Les deux parties ont mené leur propre enquête. Elles ont fait appel à une agence lilloise experte en biométrie vocale. Son objectif ? Prouver que la voix entendue dans les vidéos est la même que celle de Denis Podalydès.
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Après constitution du dossier, l’acteur et son avocate ont déposé une plainte contre X pour hypertrucage, en octobre 2025. Le comédien a ensuite déposé une seconde plainte « au civil », précisent nos confrères, pour « atteinte aux droits de la personnalité » et « contrefaçon ». Ces deux plaintes invoquent le délit d’hypertrucage, introduit dans le Code pénal en mai 2024, passible de deux ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
Un premier procès à venir ?
Dans l’ordonnance du juge des référés, il est indiqué que le détenteur de la chaîne « Voix Philosophiques » aurait utilisé le logiciel ElevenLabs pour reconstituer, avec l’aide de l’intelligence artificielle, la voix de Denis Podalydès. Une simple trace de la voix de l’acteur sur Internet aurait pu alimenter la machine. Les scènes de films et de théâtre dans lesquelles l’acteur apparaît notamment ont pu lui fournir un abondant matériau. Denis Podalydès a également enregistré des livres audio, offrant davantage de matière à l’intelligence artificielle.
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Ce n’est pas la première fois qu’une voix de comédien est réutilisée sans autorisation grâce à la technologie. La voix française d’Angelina Jolie, celle de Françoise Cadol, a par exemple été pillée en début d’année par deux start-ups américaines. Une affaire de ce type n’a, jusqu’ici, jamais donné lieu à un procès.