Après avoir
connu une ascension fulgurante sur le marché chinois, Xiaomi voit
sa croissance ralentir dans l’automobile. Face à une concurrence de
plus en plus forte en Chine, le constructeur pourrait désormais
compter sur l’Europe pour poursuivre son développement dès
2027.

L’activité des constructeurs automobiles chinois est
impressionnante. Les nouveautés s’enchaînent à un rythme effréné,
au point qu’il devient parfois difficile de suivre toutes les
annonces. Si cette cadence est si élevée, c’est parce que le marché
chinois est longtemps resté particulièrement porteur. Toutefois,
celui-ci montre désormais ses premiers signes de ralentissement.
Face à cette évolution, les constructeurs les plus ambitieux
commencent à regarder vers l’Europe pour poursuivre leur
croissance.

Xiaomi ralentit en Chine malgré des volumes toujours
élevés

En seulement deux ans, Xiaomi s’est imposé comme l’un des
nouveaux acteurs les plus marquants de l’industrie automobile.
Après avoir bâti sa réputation dans les produits technologiques, le
groupe chinois a réussi son entrée sur le marché des voitures
électriques avec une rapidité remarquable. Néanmoins, les derniers
chiffres montrent que cette croissance fulgurante commence à perdre
de son intensité, comme la plupart des constructeurs chinois en
Chine.

Le constructeur a indiqué avoir livré plus de 30 000 véhicules
en juillet pour le quatrième mois consécutif. Un résultat qui reste
solide, mais qui traduit surtout une forme de stagnation puisque
les volumes sont quasiment identiques à ceux enregistrés un an plus
tôt. Sur les six premiers mois de l’année, Xiaomi totalise 185 055
immatriculations, soit une progression de 17,2 % par rapport à la
même période en 2025.

Ces performances restent honorables pour une marque aussi
récente, mais elles paraissent insuffisantes au regard des
ambitions affichées. Xiaomi vise en effet 550 000 ventes sur
l’ensemble de l’année 2026. À mi-parcours de l’année 2026, le
constructeur n’a réalisé qu’un peu plus d’un tiers de cet objectif,
alors qu’il avait frôlé les 410 000 livraisons sur l’ensemble de
l’année 2025.

L’Europe devient un marché de plus en plus stratégique pour les
chinois

Si la demande continue de se stabiliser en Chine, Xiaomi devra
rapidement trouver de nouveaux canal de distribution. C’est
précisément dans ce contexte que son arrivée en Europe, toujours
attendue en 2027, prend une dimension encore plus stratégique.
Jusqu’à présent, le marché chinois absorbait l’essentiel de sa
production. Un ralentissement pourrait désormais accélérer
l’expansion internationale du constructeur pour éviter une
récession.

Parallèlement, Xiaomi prépare déjà l’élargissement de sa gamme.
Fin juillet, son président Lei Jun a dévoilé la famille SkyNomad,
composée de
SUV électriques à prolongateur d’autonomie
. Le SkyNomad
N90 Max, un modèle sept places, revendique jusqu’à 505 kilomètres
d’autonomie en mode électrique et jusqu’à 1 705 kilomètres en
autonomie combinée grâce à un moteur thermique utilisé uniquement
comme générateur. Une version cinq places, baptisée N70 Max,
viendra également compléter l’offre. Toutefois cette gamme ne
devrait pas arriver en Europe, le constructeur devrait concentrer
ses efforts sur les électriques
SU7
et
YU7
.

Pour Xiaomi, cette évolution pourrait finalement représenter une
opportunité. Si le constructeur parvient à adapter son offre aux
attentes des automobilistes européens, le Vieux Continent pourrait
devenir un canal de croissance essentiel dans les prochaines
années, au moment même où son marché domestique semble atteindre un
plafond de verre.