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Christian Estrosi, ancien maire de Nice, a découvert le 27 février une demi-tête de porc accrochée à son domicile, accompagnée d’un tract de campagne et d’une étoile de David. L’affaire implique des proches de l’ancien élu, suscitant des accusations de manipulation électorale. Le nouveau maire, Éric Ciotti, souhaite se constituer partie civile.

Tout commence le 27 février dernier, alors que la campagne de l’élection municipale de Nice bat son plein. Aux alentours de 22 h 30, en rentrant chez lui, Christian Estrosi, accompagné de son épouse, découvre une demi-tête de porc accrochée aux grilles de son domicile. Il retrouve également un de ses tracts de campagne, épinglé sur la tête de l’animal, surmonté d’une étoile de David.

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Christian Estrosi dénonce immédiatement une tentative d’intimidation aux relents antisémites puisque sa femme est de confession juive. Il dépose plainte.

Pourtant, comme le raconte Nice-Matin, c’est non loin de Christian Estrosi qu’est interpellé une semaine plus tard, par les forces de l’ordre, un premier suspect. Toujours selon cette source, les relevés téléphoniques de l’homme arrêté, un Tunisien de 38 ans, démontrent que c’est la directrice de la communication de Christian Estrosi qui a guidé l’homme jusqu’au domicile de l’ancien maire la nuit du 27 février.

Un proche de l’épouse de Christian Estrosi reconnaît des méthodes « border »

Selon les informations de Nice-Matin, un hacker tunisien, Amine S. affirme aujourd’hui que toute l’affaire « tête de cochon » a été fomentée par un proche de la compagne de Christian Estrosi, un dénommé Sevan B. L’homme nie avoir été la tête pensante de l’opération mais reconnaît avoir eu recours à des méthodes « border » pour contribuer à la campagne du maire sortant, notamment en réalisant de fausses vidéos à l’aide de l’intelligence artificielle.

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Amine S. affirme avoir eu un rendez-vous avec Christian Estrosi, une semaine avant que la tête de cochon ne soit retrouvée au domicile de l’élu. Selon ses dires, c’est l’ancien maire qui lui aurait alors donné le numéro de téléphone de Sevan B. en lui indiquant qu’il serait désormais son « seul point de contact ».

Le suspect assure qu’un marché public à 2 millions d’euros lui avait été promis

Amine S. assure même à présent, comme le raconte Nice-Matin, qu’un marché public à 2 millions d’euros lui avait été promis en contrepartie des services rendus à la campagne. Christian Estrosi dément fermement.

Sevan B. admet avoir rencontré Amine S. mais réfute avoir ensuite piloté l’opération « tête de cochon », comme l’affirme Amine S., et note que les relevés téléphoniques ne permettent effectivement pas de confirmer cette thèse. Mais Amine S. assure qu’il a pu conserver les échanges sur la messagerie cryptée Telegram, en passant son téléphone en mode avion afin d’éviter toute suppression à distance.

« Un des plus graves scandales politiques de la Ve République », selon Éric Ciotti

Plusieurs zones d’ombre demeurent dans cette rocambolesque affaire de manipulation électorale. C’est la voiture d’Amine S. qui a bien été utilisée pour transporter la carcasse de cochon. Pourquoi alors qu’il prétend avoir d’abord refusé d’accomplir un tel acte ?

Affaire de la tête de cochon : à la suite des révélations extrêmement graves de Nice-Matin, j’ai décidé de me constituer partie civile.

Si les faits devaient être confirmés par l’information judiciaire, on serait en présence d’un des plus graves scandale politique de la Ve… pic.twitter.com/bweUqCPPGX

— Eric Ciotti (@eciotti) August 4, 2026

Auprès de Nice-Matin, Sevan B. s’agace et pointe des contradictions dans les déclarations d’Amine S. sur les dates notamment. « C’est toujours pareil, (il) mélange le vrai et le faux », déclare-t-il à nos confrères.

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Ce mardi soir, le nouveau maire de Nice, Éric Ciotti, a réagi dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux. « J’ai décidé de me constituer partie civile » dans le cadre de l’information judiciaire ouverte sur ces faits, déclare l’élu qui estime que « si les faits doivent être confirmés par l’information judiciaire, on serait en présence d’un des plus graves scandales politiques de la Ve République ».