Une façade cossue, des parties communes nickels et une piscine à l’arrière. Sans être luxueuse, cette résidence située boulevard Émile-Zola à Laxou, affiche un certain confort, voire un confort certain. Cela n’empêche pas la vingtaine de logements de l’entrée A d’être confronté à un problème de HLM. Depuis un mois, en effet, l’ascenseur est en panne.

Il a d’abord refusé de grimper jusqu’au quatrième et dernier étage. Puis il est resté bloqué au niveau du sous-sol. Il est maintenant désespérément coincé au troisième. Pour les habitants du rez-de-chaussée et du premier, c’est anecdotique. Pour les autres, c’est plus problématique. Notamment ceux qui résident au quatrième.

Impossible de se faire livrer un canapé

C’est le cas de Joris. Il a beau avoir la trentaine et être en forme, il commence à être un tantinet lassé de gravir les escaliers. Surtout les bras chargés de courses. La promenade du chien, un berger allemand, se transforme aussi parfois en galère. « Il ne supporte qu’un aller-retour par jour dans les escaliers. Sinon il faut le porter. Il n’a que quatre mois mais il pèse déjà 12 kg », confie le jeune homme qui n’a emménagé que récemment avec sa compagne dans la résidence.

Le couple comptait s’offrir un canapé. « Mais nous devons y renoncer pour l’instant, car ce n’est pas possible de se faire livrer si l’ascenseur ne fonctionne pas », témoigne Joris, qui commence à trouver le temps long. Ce n’est rien à côté d’un couple de retraités qui habitent sur le même pallier.

Tous deux ont plus de soixante-dix ans et souffrent de pathologie lourde. L’épouse, Mireille, a notamment des problèmes cardiaques et respiratoires. Les escaliers sont un cauchemar quotidien pour elle : « Je n’en peux plus de monter et de descendre les marches. Cela m’épuise. »

« J’ai l’impression que l’on nous balade »

La septuagénaire affirme être au bout du rouleau et appelle tous les deux jours le syndic de copropriété. « J’aimerais que l’on nous dise combien de temps cela va durer. Là, j’ai l’impression que l’on nous balade en nous promettant une réparation pour le lendemain », proteste la retraitée. Du côté du syndic, l’agence Debever, on assure faire tout ce que l’on peut avec un ascenseur qui n’est pas de la première jeunesse.

« Il y a deux mois, les copropriétaires ont voté en assemblée pour la modernisation de cet ascenseur dont ils savent parfaitement qu’il est vétuste. Les travaux devraient avoir lieu en début d’année prochaine », indique Paul-Olivier Bourger, de l’agence Debever. En attendant, l’ascenseur se déglingue doucement mais sûrement et aligne panne sur panne depuis les premiers jours de juillet.

Il en a connu trois coup sur coup. C’est d’abord « un bouton de sélection de l’étage » (celui du quatrième) qui a lâché, puis ce sont les « cellules de détection des portes » et ce serait actuellement « le dispositif de sécurité qui empêche les portes de se refermer sur un usager ».

Difficulté d’avoir des pièces de rechange en été

Face à ces dysfonctionnements en série, la société chargée de l’entretien de l’ascenseur, Kone, ferait ce qu’elle peut mais a du mal à suivre. « Elle est très réactive et, jusqu’ici, elle a pris en charge à 100 % le coût des pièces de rechange. Mais nous sommes en été et il faut parfois un peu de temps pour les obtenir », explique Paul-Olivier Bourger.

Le responsable de chez Debever a expliqué tout cela noir sur blanc dans une note d’information collée sur la porte de l’ascenseur en panne. Mais la colère monte et cela ne suffit plus à calmer certains habitants. L’un d’eux a placardé, juste au-dessus, une affiche en forme de coup de gueule signée « Les résidents de l’entrée A l’abandon ». Ambiance.