Insultes, menaces, diffamation, chantage… Les réseaux sociaux sont devenus un terrain de violence, souvent invisible mais aux conséquences bien réelles. Face à la multiplication des drames liés à la haine en ligne, plusieurs pays européens commencent à légiférer pour mieux protéger les victimes.
La bataille d’une mère devenue militante
Après le suicide de sa fille Nicole, victime de cyberharcèlement à 21 ans, l’Irlandaise Jackie Fox mène depuis 2018 un combat sans relâche pour faire reconnaître le cyberharcèlement et renforcer la protection des victimes. Son engagement a conduit à l’adoption en Irlande de la « Coco’s Law », entrée en vigueur en 2021, qui criminalise le harcèlement en ligne. Cette semaine, Jackie Fox était au Parlement européen à Strasbourg pour interpeller les eurodéputés. Jean-Jacques Héry l’a rencontrée.
En Moldavie, la violence numérique devient un crime
Dans ce petit État de deux millions d’habitants, entre la Roumanie et l’Ukraine, une nouvelle loi reconnaît désormais explicitement la violence numérique comme une infraction pénale. Une réponse à un phénomène qui touche particulièrement les femmes et les jeunes : un adolescent sur deux affirme qu’un inconnu lui a déjà demandé des images à caractère sexuel sur Internet. Reportage de Maria Gerth-Niculescu.
Mines : en Croatie, la fin d’un chantier colossal
Entre 1991 et 1995, les guerres d’ex-Yougoslavie ont laissé derrière elles des millions de mines. Trente ans plus tard, dans les Balkans, ces engins continuent de marquer les paysages : forêts, montagnes, chemins de randonnée restent dangereux en Bosnie-Herzégovine, qui demeure le pays d’Europe le plus contaminé. En Serbie aussi, le déminage n’est pas achevé. Mais la Croatie, elle, affirme avoir tourné la page et s’être enfin débarrassée des 577 000 mines qui ont fait 612 victimes, mortes ou blessées. L’Union européenne a financé près d’un quart de ce chantier titanesque, et les démineurs croates ont acquis une expertise qui intéresse aujourd’hui un autre pays miné par la guerre : l’Ukraine. Reportage de Frédérique Lebel.
La chronique musicale de Vincent Théval : Coraline Gaye, L’île (Belgique).